La complicité entre ces deux hommes est connue de tous. Maintenant que l'un d'eux est soupçonné de menacer la paix, quid de l'autre ? Sera-t-il maintenu au gouvernement. Un compromis est-il encore possible ?
L'intime connexion entre l'ancien capiste Hervé Patrick Opiangah et le ministre de la défense Ali Bongo Ondimba peut amener à se poser la question de savoir si l'ancien chef des capistes, parmi tant d'autres va tirer les conséquences d'une affaire dont les ramifications peuvent s'étendre jusqu'à lui.
En réalité, c'est lui, l'homme qui est concerné par cette histoire, pour avoir mis dans son intimité un capiste, pour l'avoir protégé et presque fabriqué de toutes pièces.
Depuis sa mise sous mandat de dépôt, Opiangah, ancien capiste dit ne pas parler pour le moment et attend son sort, il a pu observer un mouvement de grève de la faim. Il ne tarit pas de regret en disant avoir « fait beaucoup de choses et qu'on veut se débarrasser de lui comme un vulgaire chien ». C'est dire que le silence d'Opiangah inquiète tout de même.
Dans sa conférence de presse, le Secrétaire général du CDJ, Jules Bourdes Ogouliguendé a accusé les capistes d'avoir été armés, mais sans dire par qui. Nul ne peut le dire avec franchise. Toujours est-il qu'Opiangah est ancien capiste reconverti.
Les anciens capistes de leur côté, menacent de dire la vérité, ils parlent de manipulations, se disent avoir été utilisés par les rénovateurs. A côté du cas Opiangah, il y a celui de Nang Nguéma, placé sous mandat de dépôt pour détention illégale d'armes de guerre.
Les démarches honteusement adultérines initiées auprès des avocats de Nang Nguéma par des parents proches de Bongo sont révélatrices de beaucoup de choses. Le triangle est parfait.
Sur un tout autre plan, alors que les citoyens crient aux viols, vols et autres agressions dans leurs domiciles, le gouvernement ne fait rien pour rassurer le peuple. Un membre du gouvernement a fait les frais de ces bandits qui ont emporté des bijoux pour une valeur de 500 millions de francs, a-t-on appris, pas une action du gouvernement en solidarité d'un membre.
On organise un vrai faux braquage au siège du PDG, avec à la clé un mort, pas un traître mot lors du conseil des ministres qui s'est tenu quelques jours plus tard.
Sollicité par les responsables chargés de la sécurité des personnes et des biens en territoire gabonais, le ministre de la défense devait mobiliser les forces de deuxième et de troisième catégorie qui sont de sa responsabilité et de son commandement, à savoir la gendarmerie et l'armée, pour appuyer la police déjà débordée et mal équipée pour ce type d'opérations.
C'est exactement à ce moment que le ministère de la défense, sous la plume de son conseiller stratégique, se pourfend dans un grand spot publicitaire, qui fait l'apologie de notre armée, sillonne les établissement scolaires de la capitale, pour intéresser les jeunes gabonais aux métiers de l'armée. Son slogan « L'armée, un métier, un rêve, un avenir ».
Que demandent les citoyens ? Un peu plus de sécurité ou un pays entièrement militarisé ? Au lieu de répondre aux attentes des gabonais qui se font agresser à domicile par des groupes armés, on appelle les jeunes à intégrer l'armée, fût-elle celle des métiers.
Un tapage purement publicitaire aux relents démagogiques quand on sait comment se font les recrutements au Gabon. Il faut appartenir à une famille, une ethnie pour intégrer un corps des métiers. A défaut d'avoir un nom. Dans un Gabon ou les chefs de corps des forces de sécurité appartiennent à une seule ethnie. On fonce vers la servitude à un groupe et non le service du pays.
Un métier, un rêve, un avenir
Il serait intéressant de dire au citoyen moyen quelle est l'importance d'une militarisation dans un régime dit démocratique. Est-ce à cause des problèmes de succession, après l'ex-Zaïre de Mobutu et le Togo d'Eyadema ou les fils ont remplacé les pères, à qui le tour ? On se demande bien ce qui fait courir le ministre de la défense pour mettre en place rapidement un programme de militarisation du pays. Pense-t-il que pour lutter contre le chômage et la pauvreté, il n' y a que l'armée comme porte de sortie ?
De toutes façons le citoyen peut légitimement s'inquiéter de la montée inquiétante du banditisme et d'une militarisation dans le pays. C'est une méthode bien connue dans ce pays d'apporter de fausses réponses aux vrais problèmes qui se posent. Face aux problèmes d'insécurité, le gouvernement montre un art consommé de l'esquive.
A l'allure où vont les choses au Gabon, c'est le banditisme qui a de fortes chances de devenir « Un métier, un rêve, un avenir ».