Nouvelles sur les méfaits de Bongo |
Libreville, croulant sous les ordures, en appelle à l'armée LIBREVILLE, 12 juin (AFP) Libreville, qui n'a jamais pu se doter d'un système cohérent et efficace de ramassage des poubelles, se retrouve sous un tel monceau d'ordures que le maire a appelé solennellement vendredi les militaires à la guerre contre "cette armée ennemie qui attaque notre pays". C'est la première fois que le père Paul Mba Abessole, édile de la capitale gabonaise depuis janvier 1997, lance un tel appel aux forces armées ainsi qu'aux pompiers, sur lesquels il n'a aucune juridiction par ailleurs, notent les observateurs. On ignore encore la réponse que lui donnera le ministère de la Défense car s'il est vrai que la situation est devenue critique dans certaines rues de Libreville où les passants et voitures slaloment entre des tas d'immondices, il n'en est pas moins évident qu'il s'agit d'une tâche civile. La situation actuelle résulte d'un arrêt de travail de plusieurs jours des sociétés privées de ramassage qui attendent qu'on leur règle des arriérés de 1998 dus, selon la mairie, par le ministère des Finances. Le même problème se pose régulièrement depuis des années à Libreville où des contrats sont passés par des services ministériels différents avec diverses sociétés dans un "saupoudrage" du marché diluant les responsabilités et nuisant à l'efficacité du ramassage. De fait, même sans grève, des tas d'ordures stagnent parfois plusieurs jours au coin des rues, nourrissant des milliers de rats et des milliards de cafards, favorisant la multiplication de mouches et surtout de moustiques qui propage le paludisme, première cause de mortalité chez les enfants. Dès son élection, le maire avait affirmé sa volonté de combattre cette tare par le slogan "Libreville, ville propre et conviviale" et entendait démontrer que l'opposition, dont il est le principal leader comme président du Rassemblement national des Bûcherons (RNB), pouvait faire mieux que l'ancienne municipalité dirigée par le Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir dans le pays). M. Abessole n'a eu de cesse de réclamer des moyens, avec le reversement à la mairie de taxes professionnelles encaissées autrefois par divers ministères. Le maire avait notamment mis la pression sur les taxis et les commerces de la capitale, provoquant des tiraillements avec ces professions, mais les sommes ainsi dégagées ne semblent pas être affectées à la propreté. Le maire a également lancé quelques "opérations coup de poing" avec des équipes de jeunes militants du RNB pour assainir la ville, mais elles ont été autant de feux de paille, tout comme les opérations similaires lancées par une association de jeunes sponsorisée par des proches du pouvoir. Cette concurrence, particulièrement active avant l'élection présidentielle de décembre dernier, n'aura pas profité longtemps aux 400.000 Librevillois à qui le gouvernement ne peut maintenant promettre que des temps de vaches maigres, après la réduction de 40% de son budget en avril. Les ressources de la mairie étant encore plus fragiles que celles de l'Etat, "la déferlante d'ordures" dénoncée par le quotidien gouvernemental L'Union n'est pas prête de se retirer. Le chroniqueur Makaya de L'Union ne manque pas d'enfoncer le clou assurant que "depuis que Libreville-les-ordures croule de nouveau sous les monceaux de détritus, on est plusieurs à se retrouver terrassés par une sorte de virus (...) et on va tous finir par porter des manteaux dans ce pays équatorial". Libreville frappée par une nouvelle grève du ramassage d'ordures LIBREVILLE, 11 juin (AFP) - Libreville connait depuis près d'une semaine une nouvelle grève des sociétés chargées du ramassage d'ordures qui a provoqué vendredi un appel solennel du maire de la ville à l'armée et aux pompiers devant cette situation "dangereuse" pour les habitants. Intervenant à plusieurs reprises jeudi et vendredi sur les ondes de la télévision, le maire Paul Mba Abessole leur a demandé de "considérer les ordures comme une armée ennemie qui attaque notre pays". Le maire, qui considère que le ramassage ne fait pas partie des attributions municipales, a mis de son côté "les quatre vieux camions de la municipalité au travail jour et nuit pour éviter le pire". M. Abessole a enfin appelé les 400.000 Librevillois à "s'impliquer davantage dans la lutte contre l'insalubrité et la gestion des ordures ménagères". La grève des différentes sociétés privées de ramassage d'ordures a été déclenchée en raison du non-paiement de leurs arriérés depuis la fin 1998. La mairie en rend responsable le ministère des Finances. La précédente grève s'était déroulée peu avant l'élection présidentielle de décembre 1998, remportée par le président sortant Omar Bongo loin devant le maire de Libreville, et avait constitué l'un des sujets polémiques de la campagne électorale. Le Gabon suspend à son tour l'importation de poulets belges LIBREVILLE, 9 juin (AFP) - Le Gabon a suspendu toutes les importations de poulets en provenance de Belgique par crainte de contamination à la dioxine, a-t-on appris mercredi de source officielle. Cette mesure a été prise par le ministère de l'Agriculture, de l'Elevage et du Développement rural qui a précisé que plusieurs conteneurs de poulets étaient actuellement bloqués au Gabon. Aucun chiffre n'était disponible au ministère sur l'ampleur de cette mesure. Le Gabon, comme la plupart des pays d'Afrique centrale est un gros consommateur et importateur de poulets. Mardi, le Cameroun avait également annoncé la suspension des importations de poulets, oeufs et farines de viande belges. Fin du voyage au Canada du président gabonais Omar Bongo MONTREAL, 8 mai (AFP) Le président gabonais Omar Bongo a achevé à Montréal une visite de travail au Canada à forte connotation économique et financière, où il a plaidé en faveur du reclassement du Gabon par le Fonds monétaire international afin qu'il puisse bénéficier de mesures d'allègement de la dette. M. Bongo, accompagné de cinq ministres et d'une importante délégation, avait d'abord rencontré en Alberta des responsables du secteur pétrolier. A Ottawa, il s'était entretenu avec le Premier ministre Jean Chrétien notamment des problèmes de dette de son pays. "Un tort a été fait au Gabon", classé par le FMI dans "les pays à revenus intermédiaires, ni pauvres ni riches", expliquait-il vendredi sur la chaîne d'informations continues RDI. M. Bongo a fait valoir que son pays était de fait "un pays en développement, un pays endetté comme un autre", et que le Canada, "en soutenant la position du Gabon", pourrait "être peut-être le premier pays à réparer le tort fait". Au cours de cette même interview, M. Bongo a regretté que le Conseil de sécurité soit exclu d'une solution du conflit au Kosovo et a affirmé souscrire à la proposition en cinq points du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan. Le Gabon est actuellement comme le Canada membre non permanent du Conseil de sécurité. Il a regretté enfin que la communauté internationale n'ait pas manifesté le même empressement à intervenir par exemple au Rwanda ou en République démocratique du Congo, se bornant à y faire "de l'ingérence alimentaire". "Un conflit est un conflit", a souligné M. Bongo. A Québec puis à Montréal le président gabonais avait rencontré le Premier ministre québécois Lucien Bouchard et s'était entretenu avec des responsables de l'industrie aéronautique et de l'industrie forestière. Au cours d'un déjeuner qu'il offrait vendredi en son honneur, M. Bouchard a remercié M. Bongo d'avoir été le premier en 1968 à inviter le Québec à participer en tant que tel à une conférence internationale. "Vous avez ouvert une porte au Québec sur le monde", a dit M. Bouchard, qui s'est dit favorable à un accroissement des échanges avec le Gabon, avec notamment l'envoi d'experts québécois. Cette visite intervenait au moment même d'une violente polémique du gouvernement québécois avec le gouvernement fédéral, à qui Québec reproche d'avoir refusé de transmettre une demande de rencontre de M. Bouchard avec le président mexicain Ernesto Zedillo. M. Bouchard entame la semaine prochaine une visite au Mexique à la tête d'une importante délégation commerciale. La dernière visite au Canada de M. Bongo, qui quitte samedi le Canada, remontait au Sommet de la Francophonie de Québec en 1987. M. Bongo devrait revenir en septembre pour le sommet de la Francophonie de Moncton (Nouveau-Brunswick). Le Gabon inquiet du risque de contagion du conflit congolais (PAPIER GENERAL) FRANCEVILLE (Gabon), 27 avril 1999, AFP) - 12h34 - Le Gabon, qui jouit d'une stabilité enviée dans toute l'Afrique centrale, s'inquiète des risques de contagion des conflits armés perdurant dans la sous-région, notamment celui du Congo-Brazzaville voisin. "Le risque d'une extension au Gabon de la guerre civile congolaise n'est pas à négliger en raison même de son caractère ethnique", préviennent depuis plusieurs mois déjà les experts militaires occidentaux, confortant ainsi les craintes des responsables gabonais. Les analystes occidentaux rappellent qu'on retrouve au sud et à l'est du Gabon les mêmes ethnies impliquées dans les combats meurtriers qui opposent depuis 1997 les forces de l'actuel chef de l'Etat congolais Denis Sassou Nguesso à celles de son prédécesseur Pascal Lissouba. Les Nzebi, qui constituent le principal soutien de l'ancien président Lissouba, à travers les miliciens Cocoyes, sont fortement implantés au sud du Gabon, tandis que les Batéké, présents de part et d'autre de la frontière, soutiennent plutôt le président Sassou Nguesso. "Dans la logique actuelle de la guerre de reconquête que livre actuellement l'armée congolaise dans les régions de la Lékoumou et du Pool, les Cocoyes de Lissouba pourraient être tentés d'établir une base arrière au sud du Gabon", estime ainsi un expert occidental interrogé par l'AFP. La situation deviendrait alors très préoccupante pour le régime de Libreville qui ne dispose que de fort peu de moyens pour endiguer un éventuel afflux de réfugiés ou, pire encore, d'éléments armés censés trouver des appuis etniques notamment dans la région de Franceville (sud-est). On estime en effet de source occidentale à "beaucoup moins de 1.000", le nombre de militaires gabonais chargés de surveiller une frontière longue de plus de 1.000 km, au relief extrèmement boisé et accidenté. D'autre part, reconnait un militaire gabonais "nos hommes ne sont pas assez équipés pour faire face à des incursions armées". Début février dernier, le gouvernement d'Omar Bongo, conscient des risques de dérapage dans cette région instable, a prévenu qu'il "refusait de servir de base arrière à toute tentative visant à mettre en danger ses relations de fraternité avec les pays voisins". Sans citer nommément le Congo-Brazzaville, pourtant clairement montré du doigt, le gouvernement avait notamment invité "les forces de sécurité à plus de rigueur à nos frontières" et "les Gabonaises et Gabonais à plus de vigilance". Mais un éventuel dérapage du conflit congolais au Gabon pourrait également avoir des motifs politiques: le président Omar Bongo, qui a épousé une fille de Sassou Nguesso, est lui même un Téké tandis que certains piliers de son régime, tel Zacharie Myboto, un de ses incontournables ministres depuis plus de vingt ans, sont d'origine Nzebi. L'actuel ministre d'Etat et ministre de l'Equipement et de la Construction est d'ailleurs lui-même un proche parent de Pascal Lissouba et soupçonné, à tort ou à raison, de plutôt pencher pour ce dernier. En février, un journal congolais proche du pouvoir, Le Pays, avait d'ailleurs accusé le président Bongo de soutenir les miliciens du "génocidaire" contre son propre gendre. Quelques jours plus tard, le chef de l'Etat congolais, faisait suspendre à Brazzaville les émissions en FM de la radio panafricaine Africa N01. Cette radio, installée à Libreville, était accusée de prendre trop ouvertement parti pour le président déchu. La mesure est toujours en vigueur malgré l'envoi dans la capitale congolaise d'émissaires gabonais. "Cela démontre bien que rien n'est jamais simple dans les rapports Congo-Gabon", conclut un journaliste gabonais qui s'interroge sur ce que fera la France, liée par des accords de défense avec l'un et l'autre pays, en cas d'agression entre les deux voisins encore récemment amis. Le problème du transport en commun resurgit une nouvelle fois à Libreville LIBREVILLE, 22 avr (AFP) - La récente grève des taxis à Libreville et une série d'incidents provoqués par des lycéens mécontents viennent de relancer avec acuité le débat sur l'absence d'une société de transport en commun digne de ce nom dans la capitale gabonaise et les responsabilités gouvernementales. "Le gouvernement dans les cordes", titrait le lendemain de la grève, jeudi dernier, le quotidien gouvernemental l'Union pour qui "en contraignant les Librevillois à la marche, le syndicat des transporteurs a révélé l'impuissance des pouvoirs publics à régler la question du transport en milieu urbain". Par son mouvement, dans cette ville de 450.000 habitants, le syndicat des transporteurs entendait protester contre "l'assassinat" d'un chauffeur de taxi par un membre de la Garde républicaine gabonaise, ex-garde présidentielle. Depuis le début de la semaine, plusieurs centaines de lycéens des deux principaux établissements de Libreville, réclamant une augmentation du nombre de bus scolaires, ont à nouveau érigé des barricades sur un des principaux boulevards de la ville et réquisitionné sans ménagement des véhicules privés. Là encore, prévient L'Union, "les regards se tournent vers les pouvoirs publics afin qu'il remédient à une situation dont on peut craindre qu'elle ne dégénère en incidents graves comme ce fut le cas fin janvier dernier". Au début de l'année, rappelle-t-on, un étudiant avait trouvé la mort et plusieurs autres avaient été blessés à la suite de la répression policière de manifestations étudiantes et lycéennes pour une amélioration des conditions d'études. "Le problème des transports en commun au Gabon est un serpent de mer qui n'en finit pas de réapparaître", note un observateur étranger. En effet, depuis l'indépendance en 1960, une demi douzaine de compagnies de transports en commun se sont succédées, mais aucune d'entre elle n'a pu franchir le seuil de quelques années, voire quelques mois d'existence. La dernière en date, la Société gabonaise de transports (SOGATRA), inaugurée en grande pompe en juin 1997 avec 80 bus de fabrication marocaine a dû arrêter ses activités fin 1998, en raison d'une gestion catastrophique et faute de véhicules en état de marche... La direction de la société avait tout simplement oublié de budgétiser l'achat de pièces de rechange, rendues pourtant indispensables en raison du mauvais état des routes, du climat équatorial corrosif et des dégradations volontaires des usagers qui entraînent une usure rapide du matériel roulant. De plus, en novembre 98, la paie mensuelle des quelque 400 agents de la société, soit 35 millions de F CFA (350.000 FF) avait mystérieusement disparu, provoquant un mouvement de grève des salariés finalement suspendu après une dizaine de jours et ...l'intervention financière directe du chef de l'Etat. Autre exemple relevé par la presse gabonaise: le parc du Transport scolaire qui comptait 33 bus pour 50.000 élèves de la capitale avant la décentralisation de novembre dernier avait vu son nombre passer à 23. Aujourd'hui, il n'en reste plus que 11 en circulation, les douze autres étant cloués au sol par des pannes diverses. Face à cette situation, de plus en plus de voix s'élèvent à Libreville pour réclamer une "solution politique à ce problème". "L'ennui, note un journaliste gabonais, c'est que le gouvernement a actuellement d'autres chats à fouetter en raison de la situation économique plus que préoccupante du pays". En fin de semaine dernière, le Conseil des ministres a revu avec une baisse de plus de 40% le projet de budget pour 1999 expliquant cette décision par le "contexte de l'après-pétrole qui nous impose de nous engager résolument vers plus de rigueur dans la gestion des finances publiques". Mercredi cependant, constatant "l'urgence", le Premier ministre Jean-François Ntoutoume-Emane, a décidé de requisitionner les camions de l'armée, de la gendarmerie, de la garde républicaine et de la police, pour transporter les lycéens en attendant une hypothétique remise en état du parc scolaire et .. la reprise des activités de la SOGATRA. Les élèves réquisitionnent au deuxième jour des véhicules Libreville, Gabon (PANA, 21 avril 1999) -- Les élèves en majorité du lycée technique national Omar Bongo et du Collège d'Enseignement Secondaire d'Awoungou (Banlieue sud de Libreville) qui réquisitionnent depuis mardi les véhicules et taxis-bus pour gagner leurs établissements, ont poursuivi mercredi cette "opération", a-constaté sur place un journaliste de l'Agence Gabonaise de Presse (AGP). Cette réquisition des véhicules a provoqué de longues files d'attente des clients des taxis et autres clandestins qui se sont rarefiés sur la voie express, contraignant certains travailleurs à faire le trajet à pied. A 8 heures locales, une absence totale de véhicules était perceptible sur les deux sens. Outre la réquisition des voitures, des camions de forces de sécurité à l'instar de la gendarmerie nationale, ont assuré le transport des élèves. La perturbation sur cette voie est accentuée depuis près de deux semaines, en raison d'une insuffisance des bus du transport scolaire. Les élèves réquisitionnent les véhicules particuliers Libreville, Gabon (PANA, 20 avril 1999) -- les élèves en majorité du lycée technique Omar Bongo et du Collège d'Enseignement Secondaire situés respectivement à Owendo et à Awoungou (banlieues sud de Libreville) ont réquisitionné mardi matin des camions, des taxis-bus et des véhicules particuliers pour gagner leurs établissements, a-t-on constaté. Ces élèves mécontents des difficultés de transport scolaire éprouvent actuellement toutes les peines pour se rendre à temps dans leurs lycées. Déjà, lundi dans la matinée, plusieurs barricades avaient été érigées par eux sur la voie express, perturbant énormément le trafic sur cette artère de la capitale. Ces mêmes problèmes se répercutent au niveau des élèves de Port-Gentil (capitale économique) ou le gouverneur de la province de l'Ogooué-Maritime a suspendu lundi le transport scolaire pour une durée indéterminée en raison des difficultés de fonctionnement liées au carburant et aux salaires du personnel. Lundi à Libreville, le premier ministre gabonais, M. Jean François Ntoutoume-Emane qui présidait une réunion relative à ce secteur avec les partenaires concernés, a annoncé que le gouvernement débloquera dans les prochains jours une somme de 300 millions de fcfa pour résoudre le problème du transport scolaire ainsi que la réhabilitation de la société gabonaise de transport (SOGATRA), paralysée depuis plusieurs mois. Il a de même préconisé pour cette société, la réduction de moitié des effectifs estimés à 400 personnes, pour diminuer les charges. Le Kosovo pourrait affecter les promesses faites à l'Afrique, selon Omar Bongo WASHINGTON, 20 avr (AFP)- La crise au Kosovo pourrait affecter les promessesfaites à l'Afrique par la communauté internationale, notamment en ce qui concerne l'effacement de la dette, a estimé mardi à Washington le président gabonais Omar Bongo. "Ce qui a été promis pour l'Afrique pourrait être donné au Kosovo", a déclaré le président gabonais, qui se trouve aux Etats-Unis pour une visite de deux semaines, lors d'une rencontre avec la presse. Le président américain Bill Clinton avait proposé le 16 mars à la communauté internationale de prendre des mesures conduisant à effacer 70 milliards de dollars de dettes publiques dues par les pays africains, lors d'une conférence ministérielle américano-africaine, la première du genre, qui s'était déroulée à Washington. Le président gabonais a par ailleurs estimé que les "Américains ne connaissent pas l'Afrique" et leur a demandé de mettre "les bouchées doubles" car "ils se rendent compte qu'ils ont été longtemps absents" du continent africain. "Les voyages, les réunions, ce n'est rien, ce que nous voulons, c'est voir du concret", a-t-il ajouté, déclarant attendre notamment "les résultats" du prochain G7, à Cologne. M. Bongo s'est déclaré d'autre part "solidaire" des actions de l'OTAN au Kosovo et a indiqué que l'un des buts de son voyage aux Etats-Unis était "de prendre le pouls" de la situation, le Gabon devant présider le Conseil de sécurité de l'ONU dans quelques jours. Le président Bongo doit rencontrer à Washington des représentants de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Il se rendra mercredi à New York pour y rencontrer le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, et s'entrenir avec des représentants des milieux financiers. M. Bongo, qui est accompagné des ministres des Affaires étrangères Jean Ping, des Finances Emile Doumba et de l'Education André Mba-Obame, également porte-parole du gouvernement, se rendra ensuite à Houston et à Los Angeles. Sa visite le conduira ensuite au Canada, puis en France. Nouvel ennemi pour la santé au Gabon: faux vaccinateurs et vrais honoraires LIBREVILLE, 20 avr (AFP) - La Santé publique gabonaise, déjà minée par de multiples maux, est confrontée depuis plusieurs mois à un nouvel ennemi qui pourrait s'avérer très dangereux : celui des faux vaccinateurs inoculant de faux vaccins contre de vrais honoraires. La menace est insidieuse, car elle ne se révèle qu'avec le temps mais "il ne fait aucun doute qu'elle met gravement en danger la vie des personnes qui s'y soumettent", dénonçait récemment le directeur général de la Santé publique, le Dr. Médard Toung Mve, en lançant une campagne de presse. "Le danger manifeste est de se croire protégé contre une myriade de maladies, souvent mortelles (fièvre jaune, typhoïde, méningite A et C, rougeole, diphtérie-tétanos-polio, hépatite B et grippe)", a expliqué de son coté à l'AFP le Dr. Hervé Demaille, responsable du centre international de vaccination de l'hôpital de N'Kembo qui couvre toute la région de Libreville, soit un demi-million de personnes. Les gens courrent en outre le risque d'être infecté par les aiguilles réutilisées, mal stérilisées ou pas du tout et de faire une allergie au faux vaccin, le plus souvent composé d'eau ou de sérum physiologique). Les enfants, particulièrement exposés, ne sont protégés de ces escrocs que jusqu'à l'âge de 5 ans, âge limite de la gratuité des vaccinations assurée par l'Etat. Le cas s'est notamment posé lors d'une épidémie de rougeole à Libreville, début 1998, où beaucoup d'enfants "vaccinés" sont tombés malades. Sur un échantillon de 348 cas étudiés, 25 étaient vaccinés, 40 ne l'étaient pas et 283 étaient à "statut inconnu", selon une enquête du ministère de la Santé. "Nous manquons de statistiques, au-delà de 4 ans, sur l'ampleur de la fraude et de ses conséquences, mais localement nous estimons que comparé aux 1.500 vaccinations mensuelles pratiquées dans notre centre, un dixième est réalisé clandestinement à l'extérieur", note le Dr. Demaille, en poste depuis trois ans au Gabon au titre de l'assistance technique française. "Pendant la grève de plusieurs mois des services publics en 1998-99, la situation était catastrophique car il n'y avait rien de plus facile pour les escrocs. Ils "accueillaient" les clients devant le pavillon de vaccinations, les emmenaient se faire inoculer dans le premier endroit venu, en leur assurant que c'était +normal+ et en distribuant des tampons, pour le même prix qu'une vraie vaccination (de 2.000 à 7.000 fcfa, soit 20 à 70 ff)", raconte le médecin français. "Hors grève, ils sont plus discrets, ils racollent devant les grilles de l'hôpital, repèrent les arrivants, par exemple des immigrés ouest-africains qui n'oseront pas se plaindre après, et leur racontent qu'ils n'auront pas à attendre, pour un prix inférieur", observe le Dr. Demaille. "Ces escrocs arrivent même des fois à intercepter des demandes d'intervention extérieures et à aller "vacciner" sur place les clients". "Certains patients craignent tellement la piqûre qu'ils se contentent d'un simple coup de tampon administratif," analyse-t-il, fort de plusieurs années d'expérience africaine comme médecin militaire. Alarmée par ce trafic malsain, souvent pratiqué par des gens proches du milieu médical, la direction générale de la Santé a décidé d'y mettre un terme. Les plaintes que déposent le Dr. Demaille, malgré des menaces de mort, ont désormais l'attention de la police locale qui a déjà monté plusieurs traquenards aux empoisonneurs. Le maire de Libreville prépare sa croisade pour la salubrité Libreville, Gabon (PANA, 19 avril 1999) -- Le maire de libreville, le père Paul Mba Abessole, a invité les responsables des mouvements de jeunesse et des forces de sécurité à prendre part à la prochaine campagne "ville propre", qui devrait demarrer dès la mise en place du budget municipal de 1999 estimé à 30 milliards de f cfa (580 f cfa=1 dollar des Etats-Unis). Depuis le 30 mars, le maire a eu une série de rencontres, notamment avec les communautés religieuses, le personnel des services de santé, les opérateurs économiques, les élèves et les étudiants. Les représentants des ministères et des organisations non gouvernementales (ONG) chargées de la protection de l'environnement ont été recus également par M. Mba Abessole qui, depuis son élection en 1996, est résolu à rendre Libreville "conviviale, accueillante et propre". "la proprté doit être une exigence pour tous et les forces de l'ordre veilleront à la stricte application des mesures prises", a-t-il déclaré jeudi dernier aux délégués de l'armée, de la gendarmerie et de la police. M. Mba abessole a reconnu la nécessité de renforcer la logistique dès que les moyens budgetaires seront disponibles. "Mes tournées en France, au Canada et en Allemagne m'ont permis de présenter nos besoins à des amis, qui sont prêts a nous aider une fois que la politique de décentralisation sera mise en application", a-t-il ajouté. Dirigeant de l'opposition, le maire de Libreville a estimé qu'une partie de ses administrés aura du mal à s'intégrer dans ce nouveau mode de service. "je sais qu'il sera très difficile de faire appliquer certaines règles de propreté, mais tous les habitants de Libreville finiront par les adopter, avec le temps", a conclu le père Mba Abessole, président du parti des "Bûcherons". Visite au Canada du président gabonais du 2 au 8 mai OTTAWA, 19 avr (AFP) - Le président du Gabon Omar Bongo se rendra en visite au Canada du 2 au 8 mai, a-t-on appris lundi auprès de l'ambassade gabonaise à Ottawa. Aucune indication n'a été fournie sur le programme du président gabonais, qui se trouve actuellement aux Etats-Unis pour une visite de deux semaines. Visite du président Omar Bongo aux Etats-Unis WASHINGTON, 19 avr (AFP) - Le président gabonais Omar Bongo est arrivé ce week-end aux Etats-Unis pour une visite de deux semaines qui le conduira notamment à Washington, New York et Los Angeles, a-t-on appris de source officielle. Le président Bongo devait notamment s'entretenir lundi à Washington avec le secrétaire d'Etat Madeleine Albright et rencontrer des représentants de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Il devrait se rendre mercredi à New York pour y rencontrer le secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan et s'entrenir avec des représentants des milieux financiers. M. Bongo, qui est accompagné des ministres des Affaires étrangères Jean Ping, des Finances Emile Doumba et de l'Education André Mba-Obame, également Porte-parole du gouvernement, se rendra ensuite à Houston et Los Angeles. Sa visite le conduira ensuite au Canada, puis en France. Le président gabonais part en visite à Washington, Ottawa et Paris LIBREVILLE, 18 avr (AFP) - Le chef de l'Etat gabonais Omar Bongo a quitté Libreville dimanche matin pour Washington, première étape d'une tournée qui le mènera également au Canada et en France, a-t-on appris de source officielle. Le président Bongo, qui est accompagné de son épouse Edith-Lucie et des ministres des Affaires étrangères Jean Ping, des Finances Emile Doumba et de l'Education André Mba-Obame, également Porte-parole du gouvernement, doit rencontrer les plus hautes autorités américaines, au cours de cette "visite de travail", ainsi que les représentants des institutions financières internationales, a-t-on indiqué de même source. Le programme exact et la durée du séjour présidentiel aux Etats-Unis, ainsi qu'au Canada et en France, n'ont toutefois pas été précisés. Le projet de budget 1999 du Gabon revu en forte baisse (- 40,25%) LIBREVILLE, 17 avr (AFP) - Le projet de budget 1999 de l'Etat gabonais a été révisé en forte baisse de 40,25% en raison notamment de "l'affaiblissement de la demande mondiale touchant les principaux produits d'exportation hormis les grumes", a-t-on appris samedi de source officielle. La loi de finance rectificative, publiée à l'issue d'un Conseil des ministres tenu vendredi à Libreville, fixe désormais le budget 1999 à 547,4 millions de F CFA (5,474 mds de FF) contre un montant initialement prévu de 916,2 mds (9,162 mds de FF). "Ce projet se situe dans un contexte de l'après-pétrole qui nous impose de nous engager résolument vers plus de rigueur dans la gestion des finances publiques et dans le strict respect de l'orthodoxie financière", note le communiqué final de ce Conseil publié samedi. Selon ce texte, les recettes ont été arrêtées à la somme de 547,5 mds de F CFA avec 547,5 mds de ressources propres (contre 685 initialement), tandis que les dépenses ont été fixées à 1.493 mds, dont 1.050 mds au titre de la dette publique. Les principales hypothèses retenues pour l'élaboration de ce budget tablent désormais sur une production pétrolière de 15 millions de tonnes (contre 17,5 précédemment), un prix du baril de 13 dollars (inchangé) et un dollar à 580 F CFA (contre 590). Les exportations de manganèse ont été revues à la baisse (1,8 Mt contre 2,1), celles d'uranium sont inchangées à 252 tonnes, tandis que les exportations de grumes ont été fixées en hausse à 2,06 millions de m3 (contre 1,871 millions). Parmi les objectifs fixés par la loi de finance rectificative figurent, selon le communiqué, "l'assainissement des finances publiques, la rationnalisation et la réduction des dépenses publiques, la maîtrise de la dette publique et la poursuite des mesures structurelles". Le Gabon, font remarquer les observateurs économiques, s'apprête à recevoir dans les prochaines semaines une nouvelle délégation du Fonds monétaire international (FMI) avec laquelle il devra mener des discussions serrées sur l'application des mesures d'ajustement structurel préconisées par l'organisme financier international. Tortues-luths: la saison de ponte s'achève encore avec de lourdes pertes LIBREVILLE, 16 avr (AFP) - La saison de ponte des tortues-luths qui vient de s'achever sur les plages du sud du Gabon, le 2ème site mondial préféré de ces inoffensifs monstres de 700 kg, se soldera cette année encore par de très lourdes pertes. "Le chiffre estimé à 95% de pertes d'oeufs, infligé principalement par l'homme, le pire prédateur des tortues, devrait cependant être moins élevé cette année à cause de la surveillance (par) les différents groupes écologistes", explique à l'AFP un responsable du projet ECOFAC de l'Union européenne, Conrad Avelinge. "Dans les endroits accessibles, les pertes étaient quasiment de 100%, les habitants repérant systématiquement les nids contenant chacun 100 à 150 oeufs grâce aux traces typiques, en forme de chenilles de tracteurs, laissées par les pondeuses", précise ce responsable d'ECOFAC qui soutient les équipes au sol de l'organisation non gouvernementale "Aventures sans frontières". "Nos équipes ont même vu le spectacle incroyable d'un groupe d'ouvriers d'une société forestière venir avec une pelleteuse pour retourner la plage sur quelques centaines de mètres", ajoute-t-il. A l'homme, qui se nourrit de ces oeufs, s'ajoutent les prédateurs liés à son environnement, comme les chiens ou les cochons errants et ceux naturels, tels les varans, crabes ou encore oiseaux-pêcheurs. "Dans certains pays voisins, comme Sao Tomé, l'habitude des habitants de collecter les oeufs de tortue est tellement installée que notre seule ressource a été de ramasser les oeufs nous-mêmes pour les mettre dans des écloseries, dans le cadre du projet Mikolo initié par l'Union européenne", indique-t-il. Les oeufs, à la carapace blanchâtre et molle, sont généralement consommés en omelette, d'une grande valeur nutritive, ou même gobés crus par certains qui leurs attribuent des pouvoirs aphrodisiaques, comme en Asie. Quant à la viande, la tortue-luth, bien qu'étant la plus grosse du monde, a relativement de la chance: elle présente peu d'intérêt gastronomique, contrairement à ses soeurs plus petites, les tortues vertes ou olivâtres (d'environ 80 kg) que les pêcheurs immobilisent en les mettant sur le dos, les gardant ainsi vivantes plusieurs jours. "S'il reste encore des centaines d'individus à venir sur les plages situées de Mayumba (sud du Gabon) au nord de Pointe-Noire (Congo-Brazzaville), c'est probablement dû au fait que de l'autre côté de l'Atlantique, les tortues sont mieux protégées, particulièrement dans leur sanctuaire de Guyane française, le premier site mondial de ponte", estime le responsable d'ECOFAC. "Prévoir une date d'extinction de cette espèce protégée reste impossible car nous manquons de données statistiques précises remontant au-delà de deux ou trois ans. Nous savons que ce sont des représentants d'une race très ancienne, qu'ils peuvent vivre une trentaine d'années, que certains individus pesant jusqu'à une tonne plongent à 1.000 mètres de profondeur, mais nous ignorons encore bien des choses sur leurs migrations", note cet expert. "Ce que nous pouvons assurer, poursuit-il, c'est que la menace est très sérieuse et qu'à ce rythme, dans dix ans, le spectacle des pondeuses émergeant de nuit sur les plages risque de devenir rare. Heureusement qu'il reste un certain nombre d'endroits inaccessibles à l'homme". Au-delà de la surveillance et de la dissuasion, auxquelles participent les autorités gabonaises, il reste une possibilité à plus long terme: celle de développer un tourisme "vert" qui ferait comprendre aux populations locales qu'elles ont plus à gagner en ménageant la reproduction de cet animal antédéluvien. Mais de nouveaux dangers guettent la tortue-luth: les chalutiers qui les noient dans leurs filets, les pollutions éventuelles du boom pétrolier régional et les projets de développement industriel des côtes, comme celui d'un aménagement portuaire à Mayumba. Le faux ambassadeur démasqué en empruntant l'argent du taxi LIBREVILLE, 16 avr (AFP) - Un faux ambassadeur du Gabon au Liban a été arrêté en début de semaine, après avoir abondamment escroqué divers commerçants impressionnés par son titre d'"Excellence" jusqu'à ce ce qu'il s'aventure à réclamer à l'un d'eux "un peu d'argent pour le taxi". Henri Mbira Nzé, profitant de son homonymie avec le réel ambassadeur gabonais à Beyrouth, visait tout particulièrement les riches commerçants de la communauté libanaise implantés à Libreville, a-t-on appris vendredi de source policière. Signant à profusion des reconnaissances de dettes, il achetait des produits ou se faisait prêter de l'argent pour un montant total qui échappe encore aux enquêteurs, mais qui s'élèverait à plusieurs millions de fcfa (soit plusieurs dizaines de milliers de ff). Les demandes de remboursement remontant jusqu'à l'ambassade gabonaise à Beyrouth, le vrai ambassadeur avait fini par s'adresser à la Direction générale des recherches de la police. Celle-ci avait pu recouper l'identité de l'escroc grâce aux renseignements donnés par sa dernière victime, un commerçant auquel l'"Excellence" avait demandé "l'argent du taxi" après avoir vainement tenté de lui soutirer 120.000 fcfa (1.200 ff). Groupe Vanco Gabon: début de l'exploration de 2 sites en off-shore profond PARIS, 16 avr (AFP) - Le pétrolier français Total, opérateur avec 28%, et ses partenaires américains du groupe Vanco Gabon ont annoncé vendredi le démarrage de l'exploration sur le permis d'Astrid et d'Anton, dans l'off-shore profond, à 80 km des côtes gabonaises et jusqu'à 3.000 mètres de profondeur. Le groupe Vanco Gabon comprend Unocal (25%), Vanco Energy Company (22%), Kerr-McGee (14%) et Reading ans Bates Development (11%). Les travaux effectués par le navire sismique M/V Geco Triton ont débuté le 31 mars dernier et se poursuivront pendant cinq à six mois, précise Total dans un communiqué. Cette étude sismique représente la première phase des travaux entrepris par le groupe Vanco Gabon pour évaluer le potentiel d'Astrid et d'Anton. Elle devrait être suivie en 2000 et 2001 par le forage de plusieurs puits d'exploration. C'est à Schlumberger Geco-Prakla qu'a été confiée cette campagne sur 4.400 km2. Total, "qui poursuit sa stratégie de développement dans l'off-shore profond du Golfe de Guinée", est également présent comme opérateur au Nigeria, sur le bloc OPL 246, et, en Angola, notamment sur le bloc 14 sur lequel quatre découvertes importantes ont été réalisées depuis avril 1997, a précisé un porte-parole de la compagnie. Les taxis de Libreville se sont mis en grève jeudi matin LIBREVILLE, 15 avr (AFP) Les chauffeurs de taxis de Libreville se sont mis en grève jeudi matin pour 24 heures afin d'obtenir que "justice soit faite", après "l'assassinat gratuit" d'un de leurs collègues par un membre de la Garde républicaine (G.R.) la semaine dernière. En début de matinée, pratiquement aucun taxi ne circulait dans les rues de la capitale, entraînant de nombreux embouteillages et la formation de longues files de piétons se rendant à leur travail, a constaté l'AFP. La grève, décidée au cours d'une réunion le week-end dernier de la Fédération syndicale gabonaise des transports terrestres (Fesygatt), vise également à "faire toute la lumière" sur l'acte meurtrier du sergent Bertrand Angouémé de la GR (ex-garde présidentielle), a précisé le syndicat au cours d'une ultime réunion mercredi soir. Selon des témoignages, cités par ce syndicats, le sergent Angouémé, "fou de colère après une dispute conjugale", avait voulu emprunter "manu militari" le taxi de M. Lamitan qu'il ne connaissait pas. Devant son refus, le militaire, en uniforme, avait dégainé son arme, lui tirant une balle mortelle dans la tête. Cet incident, "venant s'ajouter aux multiples problèmes que connaissent déjà tous les taximen, a mis toute la corporation en émoi", a estimé de son coté le journal gouvernemental L'Union. Le quotidien faisait allusion aux nombreuses taxes levées à la fois par les municipalités de Libreville et de sa ville jumelle d'Owendo et aux "contrôles" effectués régulièrement par des policiers surtout soucieux d'arrondir leurs fins de mois. De plus, note-t-on de source syndicale, le Conseil des ministres a adopté en fin de semaine dernière un décret "encadrant sévèrement" l'activité de la profession de chauffeur de taxi. Selon ce texte, "le postulant à la profession devra désormais impérativement savoir lire, écrire et parler français" alors que, fait-on remarquer de même source, ce métier est surtout exercé par des étrangers, notamment des anglophones de l'Afrique de l'Ouest. Les taxis restent le seul moyen public de transport à Libreville, capitale de 450.000 habitants, après les faillites successives de la compagnie urbaine d'autobus, dont la dernière remonte à fin 1998. Un ancien ministre en prison pour recel de véhicule volé LIBREVILLE, 15 avr (AFP) - Un ancien ministre de l'Enseignement supérieur et actuel haut-commissaire au ministère des Mines, Gaston Mozogo Ovono, est en prison depuis deux jours pour recel de véhicule volé, révèle jeudi en première page le quotidien gouvernemental L'Union. Le véhicule, un 4X4 Galloper, volé à un magistrat librevillois, a été retrouvé au domicile du haut fonctionnaire qui a prétendu ne pas savoir qu'il était volé, malgré les dénonciations des malfrats qui le lui avaient remis il y a plus de deux semaines pour une somme de 3,5 millions de fcfa (35.000 ff). Ces derniers, de nationalité équato-guinéenne, avaient été arrêtés quelques jours avant à la faveur d'un banal accident de la route. Connus de la police et aussitôt soumis à un "interrogatoire musclé", ils avaient rapidement avoué le vol et mis en cause le commanditaire. Celui-ci, qui est également président du petit parti du Mouvement pour la démocratie et la réconciliation nationale (MODDERN), a indiqué qu'il voulait seulement remplacer son précédent véhicule, une voiture de fonction du ministère de l'Enseignement qu'il avait négligé, sous prétexte de panne, de rendre à son ancienne administration. Les détournements de biens publics et les vols privés opérés par de hauts responsables sont de nature courante au Gabon, mais c'est une des premières fois que les autorités réagissent avec autant de vigueur, notent les observateurs. L'Union notait de son côté: "la restauration de l'Etat de droit que nous appelons de tous nos voeux pourrait réserver des surprises désagréables à certains d'entre nous, tant plus rien ni personne ne se prévaudra d'être intouchable". Lancement de la construction d'une centrale électrique à Libreville LIBREVILLE, 14 avr (AFP) - 13h19 - La construction d'une nouvelle centrale thermo-électrique, d'une capacité finale de 60 MW, d'un coût global de 14 milliards F CFA (140 millions FF) et livrable au premier semestre de l'an 2000, a été lancée mardi à Owendo, la ville porturaire jouxtant Libreville, a-t-on appris mercredi. La nouvelle centrale, qui sera équipée pour sa première tranche de deux unités de 10 MW chacune, fonctionnera au fuel lourd produit par la Sogara (société gabonaise de raffinage) et générera la création d'une trentaine d'emplois qualifiés, indique un communiqué de la Société d'Energie et d'eau du Gabon (SEEG). Le coût de l'usine est entièrement assuré par la SEEG, filiale à 51% du groupe français Vivendi (20% des parts sont détenues par des personnes morales de droit gabonais, 5% par les agents de l'entreprise et 24% à des privés de nationalité gabonaise ou résidant au Gabon. Sa construction vise à compléter la production des centrales régionales hydro-électriques de Kinguele et de Tchimbele qui sont arrivées au maximum de leur capacité, avec 670 millions de kilowatts-heure (GWh) lorsque la pluviométrie est favorable, sur les 760 millions GWh produits en 1998. Actuellement ce complément est assuré par une centrale thermique de secours fonctionnant à Owendo au gazole, un carburant onéreux qui double les prix de production du KWh, indique encore le communiqué. Les taxis de Libreville protestent contre l'assassinat d'un des leurs LIBREVILLE, 12 avr (AFP) - Les chauffeurs de taxis de Libreville menacent de se mettre en grève dans les trois jours s'ils n'obtiennent pas rapidement que "justice soit faite", après l'assassinat gratuit d'un de leurs collègues par un membre de la Garde républicaine (G.R.) la semaine dernière. La mesure, prise au cours d'une réunion le week-end dernier de la Fédération syndicale gabonaise des transports terrestres (Fesygatt), vise également à "faire toute la lumière" sur l'acte meurtrier du sergent Bertrand Angouémé de la G.R (ex-garde présidentielle), rapporte lundi matin le quotidien gouvernemental L'Union. Selon les premiers témoignages, le sergent Angouémé, "fou de colère après une dispute conjugale", avait voulu emprunter "manu militari" le taxi de M. Lamitan qu'il ne connaissait pas. Devant son refus, le militaire, en uniforme, avait dégainé son arme, lui tirant une balle mortelle dans la tête. Cet incident, "venant s'ajouter aux multiples problèmes que connaissent déjà tous les taximen, a mis toute la corporation en émoi", écrit le journal en faisant allusion aux nombreuses taxes levées par les municipalités de Libreville et de sa ville jumelle d'Owendo et aux "contrôles" effectués régulièrement par des policiers surtout soucieux d'arrondir leurs fins de mois. Les taxis restant le seul moyen public de transport à Libreville, après les faillites successives de la compagnie urbaine d'autobus, la journée "volant mort" de la Fesygatt risque de poser de sérieux problèmes aux 450.000 habitants de la capitale qui, en temps normal, perdent déjà beaucoup de temps en transport. |