Nouvelles sur les méfaits de Bongo


Nouveau meurtre pour "pièces détachées" humaines à fins rituelles

LIBREVILLE, 23 mars (AFP) - Un père et son fils ont été arrêtés à Moanda, au sud-est du Gabon, accusés d'avoir assassiné une commerçante pour prélever sur son cadavre des "pièces détachées" destinées à des pratiques rituelles, a-t-on appris mardi auprès du commissariat de Moanda. L'arrestation des assassins présumés, Arsène Tamba, 47 ans, et Gildas Mane-Ma-Tamba, 21 ans, a eu lieu, quelques jours après le meurtre, sans grandes difficultés car la victime Flavienne Gnomba avait averti sa famille qu'elle devait se rendre chez M. Tamba pour s'y faire rembourser une dette de 5.000 F CFA (50 FF). Après avoir auditionné les dernières personnes a avoir rencontré Mme Gnomba, les policiers ont appréhendé le "découpeur" qui a rapidement avoué le meurtre avant d'amener les policiers dans un buisson, près de la mairie, où il avait jeté le corps amputé.

Le meurtrier présumé qui a raconté que son fils faisait le guet pendant le découpage de la victime a également précisé aux policiers qu'il avait remis les parties prélevées sur le cadavre (un sein, la langue, les parties génitales) à un "commissionnaire" reparti sur Franceville, la capitale provinciale. "Le meurtrier n'était qu'un simple exécutant qui a travaillé pour des commanditaires et qui a profité d'une opportunité, la visite de Mme Gnomba, pour remplir une vieille commande", a indiqué par téléphone à l'AFP un des hommes du commissaire Raymond Ondsiayi. "Ce genre de cas est rare dans notre région", a-t-il ajouté. Sur l'ensemble du Gabon les meurtres à fins rituelles sont régulièrement dénoncés par la presse et plus encore par les "radio-trottoirs", selon les observateurs. Les "pièces détachées" sont, soit partiellement ou symboliquement consommées, soit intégrées dans des fétiches destinés à se protéger des pratiques magiques ou au contraire à envouter des ennemis. "La mort +naturelle+ reste une notion difficile à admettre dans les classes populaires où l'on se demande d'abord s'il n'y a pas eu d'interventions suspectes", notait récemment un spécialiste de la culture bantoue.


Visite du président malien au Gabon

LIBREVILLE, 22 mars (AFP) - Le président malien Alpha Oumar Konaré est arrivé lundi après-midi à Libreville pour une visite de "travail et d'amitié" de 24 heures, apprend-on de source officielle gabonaise. Le président Konaré, accompagné de son ministre de la Défense, a été accueilli à l'aéroport par le chef de l'Etat gabonais Omar Bongo et a aussitôt entamé une série d'entretiens politiques avec son hôte, assisté du vice-président Didjob Divungi Ni Dinge et du Premier ministre Jean-François Ntoutoume Emane. Outre la coopération bilatérale, dont le dossier le plus important porte sur les conditions de séjour de l'importante communauté commerçante malienne au Gabon, les deux chefs d'Etat doivent examiner les problèmes africains et particulièrement "l'établissement d'un dispositif africain de lutte contre les conflits".

"Les deux pays participent déjà en commun d'une manière active au maintien de la paix sur le continent, notamment à Bangui où ils ont fourni des contingents armés à la Mission des Nations unies en République centrafricaine (MINURCA)", relevait-on de même source. Le président Konaré, dont la dernière visite remonte à mars 1998, avant la réélection du président Bongo en décembre dernier, doit repartir pour son pays mardi matin.


De nouvelles mesures frappant la presse relancent le débat sur sa liberté

LIBREVILLE, 19 mars (AFP) - La nouvelle suspension d'un journal satirique et l'interdiction de certains programmes d'une radio proche de l'opposition relancent une fois de plus au Gabon le débat sur la liberté de la presse et met sur la sellette la "toute puissance" de l'organe chargé de réguler ce secteur, le Conseil national de la communication (CNC). Créé par une loi organique en mars 1992, le CNC, organe étatique chargé d'assurer le respect de la déontologie dans la presse gabonaise, a été, à de multiples occasions depuis son installation effective en juillet 1997, pointé du doigt par l'ensemble des médias gabonais pour ses décisions contestées. Composé de neuf membres --trois nommés par le président de la République, trois par le président du Sénat, trois par le président de l'Assemblée nationale-- le CNC a une nouvelle fois interdit de parution jeudi l'hebdomadaire satirique la Griffe, proche de l'opposition, "tant que ne seront pas identifiés les responsables de la publication, ainsi que les collaborateurs permanents"."Cette décision est en contradiction avec la loi", a aussitôt sèchement répliqué dans un communiqué l'organisation internationale de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF). "Premièrement, note RSF, les deux derniers numéros de la Griffe comportaient les noms et fonctions des responsables du journal et son adresse sociale. Deuxièmement la loi n'oblige pas les journaux à préciser le nom de leurs collaborateurs et n'exige pas non plus la présence physique de tous les collaborateurs du journal sur le territoire national". Il faut dire que le directeur de publication du journal et son rédacteur en chef avaient pris la fuite à l'étranger en août 1998 apprenant leur condamnation à huit mois de prison ferme pour "diffamation" par le tribunal correctionnel de Libreville. Cette condamnation avait précédé l'interdiction du journal par le CNC.

Le 15 février dernier, La Cour d'appel de Libreville avait finalement cassé cette décision "contraire à la liberté de la presse" et autorisé la "réimpression et la distribution" de l'hebodmadaire. Le journal avait ainsi pu reparaître deux fois avant sa nouvelle interdiction. Quinze jours après la décision judiciaire, le CNC avait alors frappé de sanctions Radio soleil, média proche du Rassemblement nationale des Bûcherons (RNB, opposition): estimant "outranciers les propos tenus à l'égard du président de la République par des auditeurs anonymes" au cours d'une émission en direct, le CNC avait interdit la poursuite de cette émission ainsi que "toutes les émissions en direct à caractère politique". "L'émission +Feed Back+ qui a fait l'objet du courroux du CNC est un concept interactif banal utilisé dans toutes les radios du monde et qui permet aux auditeurs de réagir à une question donnée, au téléphone et en direct", se défend la directrice de cette station Maguerite Makaga Virginus interrogée par l'AFP. "Radio Soleil, qu'on présente à tort comme une radio d'opposition et dont le seul mérite est d'être une radio de proximité attentive aux pulsions sociales des Gabonais, se voit sans cesse menacée et soumise à la pression du gouvernement et du CNC", ajoute-t-elle. Ce sentiment d'injustice face à la toute puissance du CNC n'est d'ailleurs pas l'apanage exclusif des journalistes proches de l'opposition. Le quotidien gouvernemental L'Union, dans un de ses récents billets à propos de l'élection présidentielle de décembre dernier s'en prenait également au président du CNC Pierre Marie Dong qu'il accusait d'être "en passe de devenir un potentat de la communication au Gabon". "Le CNC, écrivait l'auteur de ce billet, a, outre la compétence de réguler la communication au Gabon, celle également de désigner les journalistes devant animer les émissions à la télévision. Et pendant qu'on y ait, concluait-t-il, pourquoi n'interviendrait-il pas dans les salles de rédaction pour imposer sa ligne éditoriale?".


La prolifération des sectes inquiète les autorités gabonaises

LIBREVILLE, 18 mars (AFP) - La prolifération de sectes au Gabon depuis le début des années 90 - plus de 200 auraient été répertoriées rien que dans la capitale, Libreville - commence à inquiéter les autorités de ce pays qui estiment qu'il serait temps de "combler le vide juridique" dans ce domaine. La découverte mercredi du corps sans vie d'une femme policière, victime d'une de ces multiples sectes, dans un quartier nord de Libreville, a fait jeudi la une du quotidien gouvernemental l'Union sous le gros titre "le Temple de l'horreur". Selon les enquêteurs, Sophie Moussavou, âgée de moins de trente ans, de santé fragile, aurait voulu se faire soigner dans ce temple situé dans la cité de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et tenu par un prédicateur burkinabè connu sous le nom de Jean Bouddha. A leur arrivée, les collègues de la jeune femme, prévenus par des voisins, ont assisté à un "véritable spectacle proche du film d'horreur", selon le témoignage d'un policier.

"D'aspect lugubre, ce +lieu de culte et guérison+ abritait quelques pauvres hères enchaînés, hagards, mais aussi plusieurs statues, des crucifix et des croix fichées en terre, presque dans l'indifférence générale", rapporte de son coté un journaliste de l'Union parvenu sur place peu de temps après la macabre découverte. "Dans cet endroit, qui se révèle en définitive un vrai mouroir, d'autres malades au visage pâle et fatigué, l'air béat, certains dans un état d'excitation, attendent leur tour. L'un d'entre eux, hagard, avait même la peau complètement écorchée", témoigne ce journaliste. A l'arrivée des policiers, le prédicateur avait disparu et était toujours activement recherché jeudi mais il est probable, notait l'un deux, qu'il a déjà franchi les frontières. "Le cas de Sophie Moussavou --un exemple parmi tant d'autres-- pose à nouveau, aujourd'hui plus qu'hier, le sempiternel problème de l'existence et de la prolifération des sectes dans nos communautés. Un phénomène de société entré dans les moeurs et qui se répand à vue d'oeil", note le quotidien.

Interrogé par l'AFP, un spécialiste des églises au Gabon, qui a souhaité resté anonyme, confirme ce phénomène: "Depuis le début des années 90, de multiples sectes profitant des désaccords entre l'église catholique et l'église évangélique du Gabon, dont des membres ont fait scission pour créer l'Alliance chrétienne, se sont créées principalement dans les grandes villes du pays", constate-t-il. Parmi ces sectes, que l'on rencontre surtout dans les quartiers défavorisés, certaines ont pignon sur rue et affichent leur nom au-dessus de simples baraquements. C'est le cas, par exemple, du Christianisme céleste, de l'Eglise du Saint-Sauveur, de l'Eglise du Saint amour de Dieu, du Temple de Jésus ou de l'Eglise de Jésus Christ au Gabon, qui accueillent chacune, les samedi et dimanche, des dizaines d'adeptes. "Nombre d'entre eux, ajoute ce spécialiste, sont à la quête de travail, d'argent, de guérison et il n'est pas rare que certains adeptes fréquentent plusieurs temples à la fois, payant à chaque reprises plusieurs milliers ou dizaines de milliers de F CFA (dizaines ou centaines de FF) pour la réalisation de leurs voeux".

"Parmi les nouveaux "pasteurs" de ces églises, précise-t-il, figurent le plus souvent des charlatans ou des escrocs, mais aussi des hommes politiques et responsables d'administrations avides de pouvoir ou d'argent et celà sous l'abri du principe fondamental de la liberté de culte".

"Exploitant au maximum le désarroi de franges de plus en plus importantes de citoyens auxquels elles promettent guérison-miracle et fortune, les dirigeants de ces sectes exercent dans une totale absence de contrôle et un vide juridique qu'il est sans doute grand temps de combler", conclut de son coté L'Union.


RSF proteste contre la suspension de l'hebdomadaire La Griffe

LIBREVILLE, 18 mars (AFP) - L'organisation Reporters sans frontièresa écrit jeudi au président du Conseil national de la Communication gabonais (CNC), Pierre-Marie Dong, pour protester contre la suspension le jour même du journal satirique La Griffe, a indiqué un communiqué de RSF reçu à Libreville. Le CNC avait justifié cette interdiction par le fait que les responsables de la publication, ainsi que les collaborateurs permanents n'étaient pas clairement identifiés, "contrairement aux dispositions de l'ordonnance relative à la communication écrite". "La décision du CNC est en contradiction avec les faits et les lois", écrit le secrétaire général de RSF, Robert Ménard, qui rappelle que "les deux derniers exemplaires de la Griffe (proche de l'opposition) comportaient les noms et les fonctions des responsables du journal et l'adresse sociale du journal au Gabon".

Selon RSF, "la loi n'oblige pas les journaux à préciser le nom de leurs collaborateurs et n'exige pas non plus la présence physique de tous ces collaborateurs sur le territoire national". L'organisation internationale de défense de la liberté de la presse "s'inquiète de cette interprétation de la loi qui, de fait, rend impossible la publication et la diffusion de ce journal". La Griffe avait fait sa réapparition dans les kiosques le 5 mars dernier après avoir été frappée d'une mesure de suspension depuis août 1998, date à laquelle son directeur de publication et le rédacteur en chef avaient été condamnés pour "diffamation" à huit mois de prison ferme. Les deux journalistes sanctionnés, qui n'ont jamais purgé leur peine, ont depuis leur condamnation pris le chemin de l'exil.


Gabonese Uranium Deposit Runs Out

March 18, 1999 - Libreville, Gabon (PANA) - The Franceville Uranium Mining Company has ceased operations since 5 March after its last uranium mine at Mikouloungou, in the south-eastern town of Mounana, ran out of stock, the state-owned L'Union newspaper reported Thursday. It said the plant will be shut down at the end of May after processing its remaining ore. Before the decision was taken, local officials visited the site to verify the condition of the mine which has produced about 36,000 tonnes of uranium in more than 30 years of operation. Part of the facilities have already been dismantled, notably the heavy engine garage and the quarry plant at Mounana, where the company has its headquarters. The company had 1,400 employees, 137 of whom are still engaged by the company. Meanwhile, the former Mounana quarry is now out-of-bounds due to radioactivity.


Le dernier gisement d'uranium épuisé

LIBREVILLE, 18 mars (AFP)  - Le dernier gisement d'uranium gabonais, exploité par la Compagnie des mines d'uranium de Franceville (Comuf), est épuisé et a cessé sa production le 5 mars dernier, a-t-on appris jeudi auprès de la Compagnie. Selon cette dernière, l'usine de Mikouloungou, dans la région du Haut-Ogooué (est) "cessera de fonctionner en mai, compte-tenu du volume actuel du stock de minerai encore à travailler. "Une bonne partie des installations de la Comuf a déjà été démantelée", et des travaux de réaménagement, de recouvrement et de revégétalisation de l'ancienne carrière sont en cours de réalisation, a-t-on indiqué de même source. En une trentaine d'années d'exploitation, la Comuf a extrait 36.000 tonnes de minerai et employé, au plus fort de sa production, jusqu'à 1.400 personnes contre 137 employés actuellement. Avec l'uranium, le Gabon recèle d'importants gisements de manganèse, de phosphate et de niobium, rappelle-t-on.


L'hebdomadaire La Griffe frappé d'une nouvelle mesure d'interdiction

LIBREVILLE, 18 mars (AFP) - L'hebdomadaire satirique gabonais La Griffe (proche de l'opposition), ne devrait pas paraître vendredi en raison d'une nouvelle "mesure d'interdiction" de ce journal prise par le Conseil national de la Communication, a-t-on appris jeudi de source officielle. "La mesure, avec effet immédiat, demeurera en vigueur aussi longtemps que ne seront pas clairement identifiés les responsables de la publication, ainsi que les collaborateurs permanents, en application des dispositions de l'ordonnance relative à la communication écrite", précise le CNC dans un communiqué. La Griffe avait fait sa réapparition dans les kiosques le 5 mars dernier après avoir été frappée d'une mesure de suspension depuis août 1998, date à laquelle son directeur de publication et le rédacteur en chef avaient été condamnés pour "diffamation" à huit mois de prison ferme. La compagnie aérienne Air Gabon, avait porté plainte devant la cour de justice contre le journal satirique après la publication d'un article accusant cette compagnie de se livrer à un "trafic d'ivoire".

Début mars, la cour d'appel de Libreville avait autorisé de nouveau la "réimpression et la distribution" du journal estimant que l'interdiction de l'hebdomadaire sous le prétexte que le directeur de la publication n'avait pas, malgré sa condamnation, démissionné de ses fonctions constituait "une véritable entrave à la liberté de la presse". Les deux journalistes sanctionnés, qui n'ont jamais purgé leur peine, ont depuis leur condamnation pris le chemin de l'exil.


L'âme du Gabon dévoilée en 40 "clins d'oeil sur le Bwiti"

LIBREVILLE, 18 mars (AFP)  Un premier reportage photographique sur le sujet du Bwiti, un rite animiste d'initiation commun aux dizaines d'ethnies gabonaises et encore largement pratiqué de nos jours, vient d'être réalisé et exposé depuis mercredi soir au Centre culturel français de Libreville. Loin des premières images figées en noir et blanc héritées de la colonisation, la quarantaine de clichés de "Clin d'oeil sur le Bwiti" profite délibérément de "l'immense richesse visuelle et gestuelle de ce rite, des maquillages, des accoutrements des danses et des pratiques restituées comme telles, sans aucune retouche ni montage", explique l'auteur, Désirey Minkho, photographe de presse et issu de "famille bwitiste". "Sachant qu'il s'agit d'un rite secret se pratiquant la plupart du temps de nuit, les conditions de prise de vues dans certains temples n'ont pas été des plus aisées, certains "mbandja" (case des hommes) n'étant parfois éclairés que d'une torche indigène de résine, le flash a donc été la seule lumière d'appoint", expliquait-il à l'AFP.

"Toutes les vues ont été prises dans le vif, aucune pose malgré les apparences", ajoutait-il en rendant hommage à "la sagesse et la compréhension des grands maîtres bwitistes qui m'ont permis de les déranger dans leur méditation, en laissant de côté ceux qui disaient que j'allais commettre un sacrilège, voire une profanation de notre rite national". Ce reportage a été réalisé en deux ans, au cours de plusieurs voyages dans des régions différentes du Gabon. Chacune a sa propre version du Bwiti, un culte déjà pratiqué par les Pygmées avant l'arrivée des premiers Bantous, puis repris et diversifié par ces derniers. Outre la guérison classique des malades, par les plantes ou les sortilèges, les initiations les plus poussées du Bwiti, avec l'aide d'une plante hallucinogène nommée Iboga, "doivent permettre à l'initié de retrouver et consulter les esprits de la forêt et des Ancêtres, par-delà l'invisible ou la mort", indiquait de son côté un initié. Généralement chrétiens, nombre de Gabonais, y compris parmi les élites, consultent encore les Nganga (sorciers) du Bwiti, "souvent plus à des fins privées et rapides que pour retrouver le souffle de leurs origines", ajoutait-il en rendant hommage à l'exposition, "porteuse de ce souffle".


Le Premier ministre estime "impérieux" pour le Gabon de renégocier sa dette

LIBREVILLE, 12 mars (AFP) - Le Premier ministre gabonais Jean-François Ntoutoume-Emane a estimé jeudi soir devant l'Assemblée nationale qu'il est devenu "impérieux" pour le Gabon de renégocier sa dette extérieure tout en préconisant un "réglement politique de ce dossier". Constatant que "le remboursement de la dette absorbe annuellement 45% des crédits inscrits au budget de l'Etat", le chef du gouvernement, dans son discours de politique générale, a plaidé pour un "alignement du taux d'intérêt apparent de la dette publique (8%) sur la baisse des taux actuels des marchés financiers occidentaux".

"A ce jour, a regretté le nouveau Premier ministre nommé le 23 janvier dernier, on ne peut que constater que les différentes initiatives prises en vue d'une réduction de l'endettement voire de sa suppression n'aient pas encore eu le bonheur de trouver une oreille attentive auprès de nos bailleurs de fonds". "Quoi qu'il en soit, a-t-il ajouté dans cette intervention de plus de deux heures devant les députés, le Gabon ne réussira pas à juguler sa dette tant qu'il ne bénéficiera pas d'un traitement de faveur comme la plupart des pays de l'Afrique subsaharienne". "C'est pour y parvenir, a précisé M. Ntoutoume-Emane, que le traitement politique de ce dossier sera engagé sous l'impulsion du chef de l'Etat avec nos différents bailleurs de fonds".

Plaidant pour la "création d'un pôle de défense des pays endettés", le nouveau chef du gouvernement a estimé que "la baisse d'un point sur les taux d'intérêt de la dette gabonaise se traduirait par une économie d'une vingtaine de milliards de francs CFA (200 M FF)". L'encours de la dette extérieure gabonaise a plus que doublé après la dévaluation en janvier 1994 du F CFA, passant de 900 milliards de F CFA en 1993 à 1.900 mds fin 1997, rappelle-t-on, et l'Etat gabonais, en proie à une grave crise économique, n'arrive plus à honorer certaines échéances de ses principaux bailleurs de fonds. Fin février, l'Agence française de développement (AFD), outil de la coopération française et un des principaux bailleurs de fonds du Gabon, a ainsi suspendu ses décaissements en faveur du Gabon qui n'honore plus depuis octobre ses engagement vis-à-vis d'elle. Le Gabon, rappellent enfin les observateurs, à la différence de nombreux autres pays africains, n'a jamais demandé jusqu'ici une annulation de sa dette extérieure.


Reparution du journal satirique d'opposition La Griffe

LIBREVILLE, 5 mars (AFP) La Cour d'appel judiciaire de Libreville a autorisé la "réimpression et la distribution" de l'hebdomadaire satirique La Griffe (proche de l'opposition), suspendu depuis août 1998, a-t-on appris vendredi de source officielle. Le journal, dont la parution avait été interdite après la condamnation à huit mois de prison ferme du directeur de la publication et du rédacteur en chef pour "diffamation" à l'encontre du directeur de la compagnie aérienne nationale Air Gabon, a fait sa réapparition le jour même dans les kiosques de la capitale gabonaise, a-t-on constaté. La Cour d'appel a reconnu que la saisie de La Griffe, ordonnée par le Procureur de la République de l'époque sous le prétexte que le directeur de la publication n'avait pas, malgré sa condamnation, démissionné de ses fonctions, constituait "une véritable entrave à la liberté de la presse". Les deux journalistes condamnés, qui ont pris le chemin de l'exil, n'ont pas purgé leur peine.


Le commissaire européen Yves-Thibaut de Silguy au Cameroun et au Gabon

LIBREVILLE, 4 mars (AFP) - Le commissaire européen chargé des Affaires économiques, financières et monétaires Yves-Thibault de Silguy effectuera du 7 au 9 mars une visite au Cameroun et au Gabon pour expliquer les "implications de l'euro dans les échanges internationaux", a-t-on appris jeudi de source bancaire à Libreville.

Cette tournée, sur invitation de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC), débutera par Yaoundé où le commissaire européen animera lundi 8 mars au siège de la BEAC une conférence devant un parterre de banquiers, opérateurs économiques et universitaires. Lors de cette conférence, il tentera de "rassurer les investisseurs sur l'arrimage du franc CFA à l'euro", a-t-on précisé source officieuse. Après avoir rencontré des responsables gouvernementaux camerounais en charge des questions économiques et monétaires, il se rendra le soir même à Libreville pour donner mardi 9 mars une conférence similaire avant de rendre une "visite de courtoisie" au président gabonais Omar Bongo. Selon les observateurs économiques, la visite en Afrique centrale de M. de Silguy intervient au moment où des rumeurs persistantes font état d'une nouvelle dévaluation du franc CFA, après celle de 1994, en raison d'un éventuel décrochage de la monnaie africaine avec l'euro. Le commissaire européen achèvera le même jour cette tournée par la visite du port bananier de Douala, la capitale économique du Cameroun, avant de regagner Paris.


M. Bongo: "les élections se sont très bien passées au Gabon"

PARIS, 22 fév (AFP) - Le président gabonais Omar Bongo a affirmé lundi, à l'issue d'un déjeuner avec son homologue français Jacques Chirac, que "les élections s'étaient très bien passées au Gabon" et qu'avec l'opposition il y avait "toujours un dialogue". Au pouvoir depuis 1967, Omar Bongo a été réélu le 6 décembre au 1er tour de l'élection présidentielle avec 66,88% des voix. L'opposition gabonaise a, dans son ensemble, vivement protesté contre les conditions de cette réélection. "Les élections se sont très bien passées au Gabon. Tout le monde en a parlé. Pour nous, c'est une page tournée, nous regardons vers l'avenir", a déclaré à la presse M. Bongo.

"Les rapports avec l'opposition sont des rapports de Gabonais à Gabonais. Nous sommes des adversaires, mais pas des ennemis. Il y a toujours un dialogue au Gabon", a-t-il ajouté. Interrogé sur son état de santé, Omar Bongo a répondu qu'il était venu à Paris accompagner son fils et "non faire un check-up". Reconnaissant être allé à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris, le président gabonais a ajouté: "l'homme le plus heureux, le plus beau, le plus fort, a besoin parfois de regarder sur une balance combien il pèse. A fortiori un chef d'Etat, comme n'importe qui, peut aussi se préoccuper de sa santé".

Omar Bongo effectue une visite privée en France.


Suspension de la grève dans la fonction publique gabonaise

LIBREVILLE, 22 fév (AFP) - La principale organisation syndicale de fonctionnaires du Gabon, l'Union des syndicats de l'administration publique (USAP), a décidé dans la nuit de dimanche à lundi de suspendre la grève qu'elle avait déclenchée il y a un peu plus de trois mois, apprend-on lundi matin de sources syndicale et gouvernementale. Cette suspension fait suite à un "relevé des conclusions des négociations", signé dimanche soir par la secrétaire générale de l'USAP Christine Bitougat et le Premier ministre gabonais Jean-François Ntoutoume Emane, qui fait état de plusieurs "points d'accord" entre les deux parties, précise-t-on de même source.

Parmi ceux-ci figurent notamment "la mise en place de commissions de travail paritaires et l'ouverture des travaux en commission pour une durée de deux mois (...), la désignation conjointe d'un médiateur pour la conduite des travaux" en séance plénière, ainsi que l'acceptation du principe de la négociation salariale permanente à une périodicité à définir d'un commun accord. Les autres points concernent "l'acceptation du principe de la redistribution des ressources et particulièrement du principe du relèvement de la valeur du point d'indice (...), l'acceptation du principe de mise en place de mesures destinées à préserver le pouvoir d'achat (...), la mise en place d'un comité permanent de suivi et l'engagement du gouvernement à faire respecter les libertés syndicales".

Le gouvernement a, par ailleurs, "décidé de l'aboutissement dans les meilleurs délais des statuts concernant les personnels de santé et les personnels des travaux publics", précise le texte rendu public après la signature de l'accord. La grève, qui affectait depuis le 17 novembre dernier la plupart des catégories civiles des quelque 30.000 fonctionnaires et s'était traduite notamment par un arrêt des cours dans les établissements primaires et secondaires du pays ainsi que dans la plupart des hopitaux, avait été déclenchée pour des raisons salariales et de conditions de travail. Samedi soir, rappelle-t-on, le gouvernement gabonais avait émis une série de "recommandations" destinées à tenter de parvenir à un déblocage des négociations sociales qui étaient encore dans l'impasse la semaine dernière après le rejet des propositions gouvernementales par les différentes branches affiliées à l'USAP.

Par ailleurs, un autre syndicat, la Fédération des enseignants de l'Education nationale (FESEENA, minoritaire) qui avait également appelé à la grève, devrait se prononcer dans la journée pour la reprise ou non du travail, a-t-il indiqué lundi matin. Samedi soir, le ministre de l'Education nationale et porte-parole du gouvernement André Mba Obame avait annoncé dans un communiqué la réouverture progressive des établissements scolaires et de l'université Omar Bongo de Libreville fermés depuis la mi-janvier à la suite de violentes manifestations


Grève dans la fonction publique: le gouvernement émet des "recommandations"

LIBREVILLE, 20 fév (AFP) - Le gouvernement gabonais, confronté depuis plus de trois mois à une grève des fonctionnaires et une quasi-paralysie de son administration, a émis samedi soir une série de "recommandations" destinées à tenter de parvenir à un déblocage des négociations sociales jusque là dans l'impasse. "Dans le cadre de la concertation permanente souhaitée de part et d'autre, les experts gouvernementaux et les principales organisations syndicales de fontionnaires ont procédé à un examen approfondi des points de revendications", a précisé dans un communiqué le porte-parole du gouvernement et ministre de l'Education, André Mba Obame.

Selon lui, "cet examen a donné lieu à des propositions et recommandations contenues dans un rapport remis au président de la République et au gouvernement qui a décidé de reprendre à son compte certaines recommandations". Parmi celles-ci figurent notamment "les principes du relèvement modulé du point d'indice, des relèvements de l'allocation familiale et de l'allocation de rentrée scolaire, de la mise en place de mesures destinées à préserver le pouvoir d'achat, du financement des syndicats (...), de l'ouverture de négociations sectorielles à niveau du secteur privé et de l'institutionalisation de la concertation permanente". "Résolument disposés à répondre aux préoccupations des Gabonais, le président de la République et le gouvernement s'emploieront, dans ce contexte de crise économique et financière, à concilier la tension budgétaire avec les exigences sociales", conclut le communiqué. Cet "important pas" du gouvernement en direction des partenaires sociaux, selon les observateurs, intervient quelques jours après le rejet d'une première série de propositions gouvernementales par les différentes branches de l'Union des syndicats de l'Administration publique (USAP, principale organisation de fonctionnaires).

L'USAP, interrogée samedi soir par l'AFP, a indiqué qu'elle "ferait connaitre sa réponse, pour une poursuite ou non de la grève, dans les prochaines heures". La grève des fonctionnaires, qui concerne essentiellement 13.000 enseignants sur 30.000 agents de la fonction publique, avait débuté le 17 novembre dernier en pleine campagne pour l'élection présidentielle du 6 décembre, qui a vu la réélection sans suprise du candidat sortant Omar Bongo. Les grévistes exigent notamment le relèvement du point d'indice et du SMIG, ainsi que de meilleures conditions de travail. Par ailleurs, à la mi-janvier, de violentes manifestations d'étudiants et de lycéens, avaient poussé le gouvernement à fermer l'ensemble des établissements scolaires de Libreville ainsi que l'université.


Blocage dans les négociations sociales gouvernement-syndicats au Gabon

LIBREVILLE, 18 fév (AFP) - 12h57 - Les négociations engagées depuis début février entre le nouveau gouvernement gabonais et les syndicats de la Fonction publique, dont certains sont en grève depuis trois mois, connaissent ces derniers jours de nouveaux blocages, après une brève lueur d'espoir.

Les assemblées générales des adhérents des différentes branches affiliées à l'Union des syndicats de l'Administration publique (USAP), réunies ces dernières 48 heures, ont rejeté les unes après les autres les propositions ramenées par leurs dirigeants à l'issue de discussions avec les ministres concernés.La secrétaire générale de l'USAP, Christiane Bitougat, qui se félicitait en début de semaine de "l'acceptation par le gouvernement de trois grands principes de base" (Institutionnalisation des négociations salariales, réallocation des ressources et préservation du pouvoir d'achat) et qui conseillait la reprise du travail, s'est même vue l'objet d'attaques personnelles sur son intégrité. "Je n'ai pas été achetée", a-t-elle affirmé jeudi à l'AFP, laissant entendre de surcroît qu'elle pourrait démissionner de ses fonctions pour protester contre "l'injustice et la grossièreté" des accusations la visant.

Les enseignants (soit 13.000 des 30.000 fonctionnaires - 2ème groupe des fonctionnaires après les militaires) étaient pour une suspension de la grève, mais les autres secteurs, Santé, Travaux publics, Justice, Affaires sociales, ect..., ont estimé "trop réduites" les avancées consenties par le gouvernement, a-t-elle expliqué. Le gouvernement a notamment accepté de relever l'allocation familiale ainsi que le point d'indice des salaires, mais il ne s'est pas prononcé sur une forte augmentation du SMIG, la principale revendication, ni sur différentes demandes sectorielles, comme les indemnités de transport, l'aide à l'accession à la propriété, les primes pour "services rendus" et le non-paiement, depuis plusieurs semaines, de diverses pensions et retraites. "Malgré l'impasse véritable actuelle", Mme Bitougat s'est cependant déclarée "optimiste" sur un prochain succès des négociations qui devraient reprendre en fin de semaine. Cet optimisme, également affiché par le gouvernement qui multiplie les "appels à la raison et à la concertation", n'est cependant pas partagé jeudi par la presse dont les grands titres vont de "à nouveau l'impasse", pour L'Union (gouvenemental), à "le volcan social gronde toujours", pour Le Bûcheron (opposition).


M. Bongo en visite privée en France

PARIS, 13 fév (AFP) - 17h30 - Le président du Gabon Omar Bongo est arrivé samedi à Paris, venant de Libreville à bord d'un avion spécial pour une visite privée. Le chef de l'Etat gabonais a été accueilli dans le pavillon d'honneur de l'aéroport d'Orly par les représentants du protocole. Le président Bongo effectue une visite qualifiée de privée à Paris, dont la durée n'a pas été précisée.


Négociations sociales : le nouveau gouvernement à l'oeuvre
05/02/1999 - Revue de presse par l'APPEG (
Publications du 30 janvier au 5 février 1999)

La composition du nouveau gouvernement n'en finit pas de faire couler de l'encre. "On prend les mêmes et on recommence", ironise le Réveil... "Les mêmes moutons continuent de brouter", s'insurge le Bûcheron. "De haut en bas, tous ceux qui font partie de la l'actuelle équipe gouvernementale (en dehors de quelques cinq) ont déjà tous été aux affaires. Concluant cruellement "quand le pourrissement du poisson commence par la tête, on a rien à espérer du reste" ! A peine installé, le gouvernement a dû s'atteler à la tâche : le mouvement de grève des fonctionnaires de l'USAP (Union des Syndicats de l'Administration Publique) ne s'essouffle pas. Le mouvement, qui vient de recevoir le soutien explicite de trois partis d'opposition (RNB-Nouveau départ, PGP et PSD), se durcit. "Les grévistes sont à la fête. Mieux, ils pavoisent", lit-on dans l'Union. La raison vient après : "non seulement leur mouvement se radicalise, mais il semble recueillir la quasi-totalité des leaders d'opinions à travers le pays". Le quotidien conclue sur la probable inflexibilité des syndicalistes, "dopés par des soutiens divers". "Autant dire que le spectre d'une politisation du mouvement de grève actuel se fait de plus en plus sentir", peut-on lire dans l'édition du 2 février.

Les négociations ne sont pourtant pas bloquées. "Ntoutoume Emane invoque l'esprit du dialogue" (L'Union du 4). Recevant les représentants des salariés et ceux du patronat mercredi 3, le nouveau Premier ministre a fait part de sa "volonté (...) d'aboutir à une issue acceptable par tous et qui préserve la paix sociale". Il s'agit, selon la Relance, d' "éviter à tout prix les pièges du radicalisme réducteur". Les syndicats ont "salué l'initiative du Premier ministre, mais disent attendre pour décider", précise le quotidien, qui annonce, dans la même édition, la "réouverture progressive des établissements scolaires de Libreville", "pour répondre à la volonté exprimée par les élèves et leurs parents" (communiqué du ministère de l'Éducation nationale).Seules les écoles conventionnées ont bénéficié d'une réouverture rapide. Pour les autres "le calendrier définitif de réouverture sera communiqué ultérieurement en fonction de l'évolution des concertations engagées entre le gouvernement et les différents partenaires sociaux", précise le communiqué.

Dans ce bras de fer, les élèves et étudiants trouvent aussi leur mot à dire, et se posent même en donneur de leçons, d'un côté comme de l'autre, non sans un soupçon d'ironie! Un collectif des élèves des collèges et lycées s'est ainsi constitué, et faisait paraître dans la presse, lundi 1er février, une "déclaration" : "l'école est ferméeet toute une génération de jeunes compatriotes est presque sacrifiéeet réduite à l'état d'inculture (...) Nous interpellons le gouvernement (...) à manifester sa bonne foi face aux aux revendications des fonctionnaires qui ne sont d'ailleurs pas contraires au Pacte de solidarité et de développement national tant déclamé pendant la campagne présidentielle. (...) Nos appelons l'USAP à la plus grande hauteur républicaine et à faire prévaloir l'intérêt général de la Nation toute entière...". Des propos parfois excessifs... Menaçant, selon le Réveil, de poursuivre syndicats et pouvoirs publics pour "génocide intellectuel", l'hebdo du week end conseille, sarcastique, à Mme Bitouga (président de l'USAP) et ses amis de commencer déjà à se côtiser "pour se payer un avocat expert en génocides" ! Des mots qui sonnaient étrangement, alors que le lendemain, le nouveau ministre André Mba Obame, se rendait au lycée d'application, livré aux lycées en colère le 22 janvier dernier : "presque un champ de ruine", titre le quotidien du 3 février. "Bureaux, secrétariat et salle dinformatique incendiés, laboratoire et salle des profs détruits, centre de documentation et foyer des élèves fortement endommagés, logement du censeur du second cycle pillé". Un bilan que le journal chiffre à plusieurs dizaines de millions de francs cfa, bilan "qui continue de s'alourdir avec les pillages et autres actes de vandalisme dont le lycée, ouvert à tous les vents, est l'objet depuis ce malheureux événement".

La grogne des étudiants s'accompagne de celle des salariés de la Sogatra (société de transport de libreville), dont la situation a empiré depuis quelques semaines : sur les 80 bus composant le parc, seuls quelques huit sont aujourd'hui à même de circuler, les autres étant immobilisés faute de pièces de rechange. Les salaires n'étant plus versés, les salariés ont cessé le travail. Selon la Cigale, les salariés chercheraient à obtenir le renvoi du directeur Moujn Gou Gou, à qui ils reprocheraient, notamment, un "recrutement abusif de parents". Le satirique précise qu' "en effet, de 64 millions de masse salariale, on est passé à 95 millions" de francs cfa... Une actualité plus heureuse pour conclure : la baisse des prix du carburant ! Le litre de super passe de 350 fcfa à 320 fcfa, et le gasoil de 215 à 200 fcfa... A quand la réduction des tarifs dans les taxis ?


Un sondage détonant
(LA LETTRE DU CONTINENT n°317 du 19/11/98)

Commandé par le pouvoir à la société INAFRES (Institut africain de futurologie et de recherche économique et sociale), créée par des conseillers de la présidence, un sondage d'opinion réalisé entre le 20 juin et le 19 juillet 1998 auprès de 1 600 personnes offre un paysage politico-ethnique gabonais très "tranché". Comme l'expliquent les auteurs qui signent le rapport final remis au président (Léon Auge pour l'INAFRES et Michel Hoffmann pour MARCOMER), "le vote au Gabon est encore tribalisé. Mba Abessole contrôle toujours les zones Fang. Mamboundou, Mouiti Nzamba et Maganga Moussavou influencent les secteurs Myène et Bapounou. Les populations Nzébi et Batéké soutiennent et soutiendront toujours Bongo". Il s'agit donc d'un simple problème de démographie régionale ?

L'enquête donne ainsi le père Paul Mba Abessole, leader du RNB, en tête à Libreville (85% des voix contre 9% à Mamboundou et 4,5% à Omar Bongo), Oyem (95%), Lambaréné (50%) et Makokou (60%). Pierre Mamboundou (UPG) arrive en tête à Tchibanga (55% devant Maganga Moussavou 25%, Mba Abessole 20% et Omar Bongo 3%) et Mouila (40% devant Mba Abessole 25% et Maganga Moussavou 20%). Le président sortant, Omar Bongo, n'arrive en tête qu'à Franceville (60% devant Mamboundou 20% et Mba Abessole 15%). Douche froide au Palais du bord de mer. Mais ce n'est qu'un sondage...

Réalisé par des pros, ce questionnaire (de 8 pages !) n'hésite pas à interroger "subtilement" les Gabonais sur les risques d'usure du pouvoir en utilisant le "cas" analogue togolais: "Pensez-vous que le président Eyadéma a bien fait de se représenter après plus de trente ans de pouvoir, ou pas ? Savez-vous si les conditions d'accession au pouvoir du président Eyadéma, qui s'est produite à peu près à la même époque que celle du président Bongo, étaient comparables à celles dans lesquelles le président Bongo a accédé au pouvoir, ou différentes ? Bonne question.

Dans la même veine, toutes les interrogations sur la volonté de changement tournent au vert: "A l'analyse, il ressort que les Gabonais dans une large majorité (65%) souhaitent le changement. Ceux qui le désirent le plus sont ceux âgés de trente cinq ans et plus qui aiment à comparer l'époque de Léon Mba et l'ère actuelle", écrivent les dirigeants de l'INAFRES. Aïe, aïe, aïe!...

Les mêmes analystes enquêteurs poursuivent: "Ainsi, 65% des Gabonais estiment que l'opposition gabonaise est capable de grandes choses car le pouvoir en place est bloqué. Ne pouvant se débarrasser de ses barons, la majorité sera toujours en état de faiblesse et ne pourra tenir compte des préoccupations des Gabonais". Sur la question de la paix civile: "55% des Gabonais répondent que la pérennisation des autorités actuelles au pouvoir engagera une avalanche de violence qui amènera le pays vers des années de trouble si un conservateur est encore élu. Voilà pourquoi 59% d'interviewés refusent la réélection d'Eyadéma ou entrevoient en cela une provocation". Dixit l'INAFRES. Seule petite porte de sortie pour Omar Bongo, sur la question des critères d'homme démocratique:

"35% estiment que Bongo à un grand mérite pour cela; 30% réalisent que Mba Abessole est trop sévère donc dictateur; et Mamboundou est fort en idées mais ne peut diriger un peuple car trop intransigeant". Interrogé le 7 novembre par le bureau local de l'AFP sur "des sondages circulant dans la capitale gabonaise et à l'étranger, faisant état de moins de 40% d'intentions de vote en sa faveur pour le premier tour", le président Bongo a répondu: "De quels sondages s'agit-il ? Mes sondages à moi sont réalisés par des experts de Gallup International et des organismes comme Léger & Léger. Mes sondages sont bons, il n'y a qu'à les consulter", a ajouté le chef de l'Etat "sans autre précision", écrit l'AFP. En attendant "les bons", celui de l'INAFRES fait en tout cas partie des "pas bons"…