[BDPalabres] Comment mieux faire ? + concept de guerre revolutionnaire selon M2005

Christian MAYANDJI protected at yahoo.fr
Lun 1 Sep 04:25:49 EDT 2008


Au Professeur MENGARA

Cordonnateur du BDP


Cher Professeur,


Il me semble que les derniers développements nous ont éclairés sur bien des points. Je parle notamment des échanges que vous avez partagé avec M. MBINA et du fait que je me sois présenté sur votre forum.

J'ai été moi-même militant engagé du Parti Gabonais du Progrès dirigés par feu Maître AGONDJO ET Joseph RENDJAMBE. J'ai ensuite été remarqué par feu NDUME NZE (alors doyen de la faculté des sciences de Masuku et pressenti pour être le secrétaire général du FUAPO), puis par Feu Alain Dickson alors qu'il était dans la clandestinité. Je n'étais qu'un étudiant en 3ème cycle, mais rien ne m'empêchait de porter ouvertement la contradiction au nom de mon parti lors des manifestations du parti au Pouvoir. Alors que les militants se réunissaient uniquement chez notre leader, je n'hésitais pas à proposer ma propre résidence. Ma disponibilité était connu des étudiants puisque je n'hésitait pas à les accompagner - en tant que responsable étudiant et chaque fois qu'ils le sollicitaient - pour poser leurs demandes au près des autorités diplomatiques et politiques de notre pays. il m'est difficile d'étaler ces quelques expériences car elles restent fortement marquées par beaucoup d'émotions. Aujourd'hui j'ai choisi d'apporter ma contribution sous une autre forme.

J'ai assisté à l'effondrement de mon mouvement à la suite des conflits internes de leadership. Ayant participé à certaines réunion inter-parti, j'ai pu mesurer la légèreté de la préparation des partis de l'opposition et je n'ai pas été étonné de certains échecs. Tirant les leçons de ces expériences, je refuse désormais de laisser des militants jeunes ou plus âgés aller à la boucherie avec la fleur au fusil, quelque que soit la cause à défendre et l'échéance. Cela ne correspond en rien à un renoncement, je pense que l'on peut atteindre les objectifs fixés avec un plus grand esprit de responsabilité.

Pour ce qui me concerne un parti politique est un Etat en devenir. Les dispositions à prendre en matière d'organisation doivent être fiables et la vision doit être clarifiée.

j'ai apprécié le fait que vous ayez mis en place une structure gouvernementale car cela pose clairement le sens de votre démarche. Vous avez en outre clarifié un certain nombre de points lors de votre échange avec M. MBINA.

Cependant, vous comprendrez qu'il reste des gros chantiers à traiter et un parti politique - fut - il de l'opposition - ne doit pas attendre la chute de son adversaire pour commencer à apporter des réponses pragmatiques aux populations qui commencent à lui accorder sa confiance.

Par-dessus toute chose, un parti doit se donner les moyens de ses propres ressources et de son propre réseau de partenaires économiques qui l'accompagnent dans le cadre ou en dehors de l'exercice du pouvoir institutionnel. Je crois que la chute de crédibilité des partis traditionnels tient au fait qu'il n'ait jamais conquis leur indépendance économique.

J'ai failli vous répondre par une communication assez dense et qui aurait repris tous les points que vous avez signalés dans votre message initial. Je crois qu'il vaut mieux faire le point avec les derniers développements. Vous trouverez la réponse - sous la forme d'une esquisse de quelques méthodes - à quelques points notamment sur comment faire mieux et la notion de vérité absolue. Il vous appartient de m'indiquer lesquels des autres points ne sont pas suffisamment clarifiés.

 

I - Comment faire mieux ?

 

Il est difficile d’aller dans la description de certaines expériences concrètes au cours d’une première présentation dans un forum. La conception de solutions  fiables et durables implique la mise en œuvre de combinaison de  techniques de management stratégique et opérationnel. Les solutions doivent mobiliser des ressources humaines, matérielles et financières sur certains intervalles de temps. Il est nécessaire de (re)venir progressivement dans le détail de la déclinaison de ces solutions. Je vous remercie d’avance pour votre compréhension et sollicite votre persévérance ainsi que votre collaboration.

La réponse ne se trouve pas nécessairement dans ce que nous croyons savoir après avoir dénoncé les dérives des « censeurs » que « nous » sommes. Dans une démarche projet, il faut d’abord analyser l’expérience que nous avons vécue : en politique, on parle souvent de bilan ; pour les opérations militaires, clandestines ou industrielle, on évoquera la notion de retour sur expérience ou débriefing. Celui – ci n’est fiable que si tout au long des opérations menées ou vécues, on a mis en place un processus de reporting des faits vécus tout au long de l’expérience. Dans notre cas, il s’agit d’abord de l’expérience de l’opposition gabonaise depuis l’avènement du multipartisme, puis de l’émergence d’un phénomène spécifique – en terme de choix d’espace médiatique et de positionnement géographique du mouvement – qu’est le BDP.

Le but de ces reporting est d’identifier quelles sont

-         les disfonctionnements qui se sont produits pendant le déroulement de certaines opérations ;

-         comment le succès des autres opérations s’est-il construit.

Une fois que ce travail est fait, il faut s’en tenir à des méthodes déjà éprouvées qui consiste généralement à :

-         cadrer ou poser le problème, autrement dit, identifier les écarts entre la situation actuelle et celle que nous souhaitons atteindre. Il me semble que sur ce point, les gabonais ne sont pas encore en accord sur ce qui :

o       constitue la finalité d’un mouvement réputé d’opposition ou de partisans du changement ;

o       la distinction entre les phases indispensables et celles qui le sont moins ou pas du tout ;

o       la mobilisation et la nature des moyens disponibles, mobilisables et à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs de performance, de temps et de coût.

-         définir et conduire les nouvelles opérations en s’appuyant sur

o       une description pertinente de la nouvelle situation sur le terrain

o       une compréhension fiable des rapports de causalité entre les facteurs qui amènent cette situation ;

o       l’identification des solutions permettant de réduire les disfonctionnements et d’améliorer l’efficacité des nouvelles actions

o       le choix des actions reproductibles ou adaptée et écarter temporairement les autres ;

o       l'exécution de l’enchaînement des opérations retenus dans les conditions prévus, en s’autorisant quelques marges pour pallier à des situations non planifiées, sinon interrompre l’exécution et se rabattre vers le sanctuaire

-         conclure : suivre les résultats ou analyser les écarts entre les prévisions et les résultats afin d’améliorer ou re-organiser le système.

 

En fait, l’intérêt d’une organisation n’est pas d’accélérer la démarche, de « précipiter TOUT ». Il s’agit surtout de MAITRISER la démarche, c’est à dire s’assurer d’être en toute circonstance tournée vers la finalité sans dépenser ni plus, ni moins, ni ce qu’il ne faut pas, mais en mettant à disposition juste ce qu’il faut.

Partant de la description de cette démarche, on peut dire que je me distingue par ma volonté d’en faire un credo pour les populations de mon pays. En effet et à coté de la persévérance ou de la cohésion du groupe, ce credo limite les risques d’échec et permet de reconstruire inéluctablement les conditions du succès.

Je crois que l’adoption des règles d’organisation déjà éprouvées - notamment par les nations dominantes - constitue l’un des principaux facteurs de succès des pays aussi disparates (Chine, Japon, Inde...) dans leurs organisations que l’évolution respective de leurs situations politiques et économiques.

Le fait d’être à l’intérieur ou à l’extérieur du régime m’importe peu car mon discours et mon comportement ne changent pas d’un iota.

Je ne regrette que très peu mes échecs, notamment relationnels. J’apprécie davantage le fait d’avoir réalisé avec succès quelques expérimentations en France et au Gabon. Je suis content de voir que les mécanismes que j’ai souhaité mettre en place sont possibles et se réalise – à petite échelle – dans certains cas. Je suis optimiste pour les autres cas car la condition essentielle est la compréhension et l’adhésion des populations à la mise en œuvre et la gestion des actions qui vont dans le sens de l’amélioration de leur condition.

Je crois qu’à ce stade, le rôle de certains leaders d’opinion, notamment, est décisif. Vous pouvez jouer un rôle décisif dans le succès des expérimentations socio-économiques qui vont dans le sens de l’intérêt des populations.  

 

II – Vérité absolue ou conviction profonde

 

1 - Détention de la vérité absolue ou de la science infuse / brasser du vide, du vent : propos populistes ?

 

Je crois que lorsqu’on a effectué un certain parcours universitaire, on doit se rendre compte que la connaissance ne peut être considérée comme une vérité absolue. Elle dépend de la fiabilité des sources et de la pertinence des méthodes d’exploitation. Elle est sujette à une  remise en cause au fur et à mesure qu’on progresse dans la recherche et la réflexion. En attendant d’évoluer cette connaissance relève davantage d’une forte conviction qui s’appuie sur la qualité des sources et la fiabilité de la méthodologie de la recherche et de la réflexion. Il s’agit de ce que notre bon vieux Socrate essayait de nous transmettre au cours de nos méditations sur sa maïeutique qui se résumait au fameux « je sais que je ne sais rien » ; c’est sans doute également ce qu’un inspirateur plus jeune nous explique dans ses méditations métaphysiques : « je pense, je suis ». Vous comprendrez, je l’espère, mon sentiment : je ne suis pas définitivement certain de mes connaissances ; mais la combinaison des recherches effectuées sur plusieurs sites du Gabon et dans divers centres de documentation ou d’archives ainsi que le temps consacré à quelques observations, réflexions et/ou expérimentations propres ont forgé une profonde conviction. C’est cette conviction que je me permets de partager sur différents forums avec une certaine assurance, mais sans perdre de vue que cette conviction peut être remise en cause par l’exploitation de nouvelles sources aussi fiables ou par une nouvelle méthodologie. Le reste procède de mon franc-parler.

Cela dit, le plus important n’est pas de savoir qui détient la vérité absolue, mais de s’assurer que les informations communiquées sont fiables et qu’elles nous aident à prendre des décisions pertinentes.

 

J'ai fait le choix de vous répondre à partir d'un message que vous a adressé un certain M2005 à propos de la guerre révolutionnaire. Je suis en phase avec de nombreux aspects de cet article nous expliquant ce qu'est la réalité du combat politique et quel est le travail qui reste à faire pour atteindre un certain niveau d'efficacité.

Je me réjouis que nos échanges passionnent quelques internautes et je souhaite qu'ils y participent en y apportant la même qualité de débat.

Cordialement.

MANGASS TTC
Christian MAYANDJI
Démarches-Gestion
FINANCEMENTS INVESTISSEMENTS PRIVES 
ACHATS (SEMI-) INDUSTRIELS
 CONVOYAGE EXPLOITATION
VEHICULES EQUIPEMENTS CONSOMMABLES
EUROPE - AFRIQUE
 


--- En date de : Jeu 28.8.08, m2005 <protected at no-log.org> a écrit :

    De: m2005 <protected at no-log.org>
    Objet: [BDPalabres] Le concept de guerre revolutionnaire ou d'actions psychologiques
    À: bdpalabres at bdpgabon.org
    Date: Jeudi 28 Août 2008, 17h25

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    Bonjour a tous

    Je suis tombé sur un article très intéressant du journal en ligne Rue89
    que je recommande a tous les lecteurs.

    Je vous encourage aussi a vous documenter autant que faire ce peu sur des
    personnes comme Charles Lacheroy
    [http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Lacheroy], pas parce que il faut
    encourager la lutte armée mais pour comprendre comment l'armée française
    réfléchie. C'est très intéressant de comprendre le concept qu'ils
    appellent de "guerre psychologique" qui a été très utilisé pour
    vaincre la
    rébellion armée au Cameroun dans les années 60, [ou même encore toutes les
    velléités de rébellion dans les années 70-80 au Gabon] avec des personnes
    tristement célèbres comme Conan.

    Je continue a penser que l'avènement d'une véritable démocratie
    gabonaise
    par LES GABONAIS est comme une partie d'échec ou il faut battre
    l'adversaire a son propre jeu, en faisant preuve d'intelligence plus
    que
    de force. La guerre psychologique est un des outils préférés des grandes
    puissances et dont la France a maintes fois démontrée son expertise [a tel
    point que les militaires français ont souvent conseillés les armées US ou
    Israéliennes sur ce domaine - 
    http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article338]

    Cet article de RUE89 donne un meilleur éclairage sur les méthodes utilises
    au Rwanda et le cheminement de leur [La Grande Muette] réflexion.

    Quand je vois les methodes des oppositions [gabonaise et autres] ou celles
    des gouvernements africains [gabonais, en particulier], j'ai vraiment
    l'impression que les Africains ne boxent pas dans la meme categorie que
    ceux qui les manipulent.

    Je vais utiliser une méthode très "gabonaise" et très pédante,
    terminer
    par une citation:

    «Connais l’adversaire et surtout connais toi toi-même et tu seras
    invincible.» Sun Tzu

    M2005

    ******************** L'article en question*********************

    La « guerre révolutionnaire » menée par la France au Rwanda
    Par Rue89 | 27/08/2008 | 18H45

    En donnant un point de vue rwandais sur le génocide, le rapport de la
    commission Mucyo (dont Rue89 a publié et commenté des extraits) nous
    montre que la France a bien mené une guerre secrète entre 1990 et 1994 sur
    le mode de la stratégie indirecte. Cette guerre s’inspire d’une doctrine
    bien connue dans les états-majors : la « guerre révolutionnaire ».
    Une doctrine inventée en Indochine…

    Pour comprendre l’histoire militaire du Rwanda, il faut remonter à la
    période des indépendances. Plus précisément à 1953, en Indochine, où
    l’armée française découvre la doctrine de la "guerre
    révolutionnaire"
    (DGR) grâce à un officier de la coloniale : Charles Lacheroy.

    Sur le front de la guérilla communiste du Viet Minh, Lacheroy comprend
    qu’une série de « hiérarchies parallèles » parvient à faire basculer la
    population en faveur des rebelles communistes, contre l’une des meilleures
    armées du monde. Le Viet Minh, a remarqué Lacheroy, accompagne chaque
    individu « du berceau jusqu’à la tombe », par trois hiérarchies
    distinctes

    =>>> La suite ICI:
    http://www.rue89.com/2008/08/27/la-guerre-revolutionnaire-menee-par-la-france-au-rwanda





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